• Au programme ce soir #15

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  • Pas en état de mettre avertissement, préambule, et multiples annotations additionnelles.
    Cf. entre autres tags en fin d'article
    [1].

     

    S'identifier à un genre[2], n'est-ce pas s'identifier (ou ne pas s'identifier) partiellement ou totalement à des stéréotypes et caractéristiques qui ont été accolés à un sexe / genre[3] par la société au fil des siècles ?
    S'identifier personnellement comme F ou H, n'est-ce pas se reconnaître dans des cases attribuées par la société à l'un ou l'autre ?

    S'identifier à un genre, n'est-il donc pas s'inscrire dans le « jeu » de la société et reconnaître que telles caractéristiques sont attribuables aux F et telles autres aux H ? n'est-ce pas perpétuer les associations de type les femmes sont comme ci et les hommes sont comme ça ? n'est-ce donc pas contribuer à perpétuer les stéréotypes de genre ? n'est-ce pas contribuer à perpétuer des construits artificiels ?

     

    Il semblerait qu'on me considère comme une fille parce que je serais née avec une vulve et (selon tout vraisemblance) un vagin[4]. J'ai sans aucun doute été élevée dans cette optique[5], même si je pense avoir cerné assez vite l'entourloupe. Et le fait qu'à cause des autres, être considérée F me fait perdre au change[6]. Dommage pour un construit social débile.
    Pourtant.

    Je me genre au féminin uniquement parce que j’ai
    appris que sinon, c'était une faute de grammaire.
    Et je déteste faire des erreurs.

    J'ai les cheveux longs parce que c'est tout doux, et surtout,
    ça me permet de les tripoter et d'occuper mes mains - comme
    malaxer les tissus des tee-shirts ou de mon lit.

    Je porte certains bracelets quotidiennement uniquement
    pour la symbolique que je leur attribue et que j’ai besoin
    d’avoir avec moi. En vrai, je trouve ça moche et je
    déteste me sentir serrée par quoi que ce soit.

    Je porte des lunettes de rayon femmes parce que les lunettes qui
    me plaisaient vraiment étaient toutes au rayon homme et avaient
    des branches trop longues qui dépassaient de l'arrière de ma tête.

    Je porte un soutien-gorge parce que ça me permet de plaquer
    ces deux glandes molles contre mon corps pour essayer de me
    les faire oublier, principalement parce qu'aujourd'hui, avoir de
    la poitrine aussi petite soit-elle est une autorisation
    contre son gré à se faire observer et prédater[7].

    Je m’habille avec des vêtements étiquetés femme parce que je suis
    trop petite pour me vêtir uniquement avec les vêtements sobres du
    rayon homme, et qu’on m’a inculqué d’essayer de pas me fagotter
    comme une enfant sans mère (je pense avoir failli sur ce point).
    Pourtant, je préfère largement porter des tee-shirts étiquetés
    masculins car je suis plus à l'aise dedans, qu'ils sont moins taillés
    bizarrement, plus sobres et surtout plus doux.

    J’adore les animaux, mais pas pour les materner.
     Je les aime surtout quand faut leur ouvrir le ventre
    ou leur retirer des organes[8].
    J’aime quand ça saigne, quand ça pue et quand ça explose.
    Le 24 décembre 2015, j’ai mis dans un sac d’incinération un
    chat frappé par une voiture dont l’œil était sorti de son orbite.
    C'était cool, et cet oeil, je l’ai vu comme une boule de Noël. Fête.
    C’était mon cadeau de Noël à moi.

    Pendant une longue période, je regardais des tutoriels de
    maquillage sur internet. Pas par véritable intérêt, car je ne
    me maquille pas, ne me suis jamais maquillée et n’aime pas
    les visages maquillés[9], mais uniquement pour le côté
    purement technique de la chose.

    Quand je regarde un film, je suis toujours en train d’imaginer
    comment la scène a été tournée et quels étaient les moyens
    techniques (effets spéciaux inclus) utilisés pour arriver à ces
    résultats. Je me délecte des making-of.

    J’ai eu plusieurs poupées, pourtant je déteste les enfants depuis
    aussi loin que je m’en souvienne. Même si je pense que je pourrais
    les apprécier sous la forme de steak, avec une bonne sauce aux
    herbes et à la moutarde, si je n’étais pas végétarienne.

    ***

    À cause de mon physique et de mes organes génitaux supposés[10], on[11] me colle, comme à d’autres, des traits, des caractéristiques[12] qui n’ont rien à voir avec ce que je ressens ou ce que je suis.
    J’endosse seulement les stigmates du genre qu’on m’attribue malgré moi, pour la seule raison que physiquement je ressemble à une personne du sexe féminin, et que, dans la logique majoritaire, je devrais donc être une femme, avec tous les préjugés que ça implique - et donc, j'appartiens malgré moi à une catégorie à laquelle je ne corresponds pas.
    Alors que franchement. Ne suis-je pas bien plus que ça ?

    Je ne veux m’identifier à rien : ce serait reconnaître, valider et donner raison à la société que telles choses sont féminines et telles autres sont masculines. Et la société n’a pas raison.

    Je suis juste Nanou, une créature humaine de taille réduite qui se cherche et qui pleure actuellement beaucoup trop souvent[13], et dont le but dans la vie c’est de plonger ses mains dans des tripes fraîches[14] tout en essayant de devenir un peu moins stupide au fil du temps.

    Quand, dépasserons-nous, nous et notre société entière, cette séparation totalement artificielle entre masculin et féminin, qui ne fait qu'imposer insidieusement des limites aux gens ?

    À quand une société sans genre[15] ?
    Pour que chaque personne soit enfin totalement libre de se définir comme elle le souhaite en dehors de ce carcan inutile, sans en être pénalisée au cours de sa vie ? Pour que chaque personne puisse enfin sortir librement de la norme actuelle, sans en souffrir ni se sentir jugée ?

     

    ***

    [1] Ce billet ne concerne donc que mon « Me, myself & I » et n'a pas valeur de jugement sur autrui. Ressenti soumis à évolution.
    [2] Que l’on soit cis ou non. (c'est quoi ? lire ici)
    [3] Petit mélange car jusqu’à une période plutôt récente, les deux étaient confondus.
    [4] Communément dénommé par « assignation sexuelle ». À la naissance, il est acté qu’un bébé avec un pénis est un garçon, un bébé avec une vulve est une fille, et tant pis pour les autres.
    [5] On n’échappe pas à une éducation différenciée en fonction du sexe : http://edupass.hypotheses.org/1036
    [6] Est-il utile de renvoyer par exemple vers cet article concernant les inégalités entre hommes et femmes en France en 2017
    [7] C’est aussi fort incommodant.
    [8] À bon escient.
    [9] Dans mon monde, seule ma grand-mère se maquille.
    [10] Car oui, je ne me balade pas à poils dans la rue.
    [11] On indéfini. Sens large. Exemple : une nouvelle personne rencontrée.
    [12] Quand ce n’est pas carrément une destinée.
    [13] Mais qui arrivera un jour à pleurer en néerlandais.
    [14] Mais pour faire le Bien.
    [15] Ou sans différenciation entre genre, ou dans laquelle le genre n’aurait aucune importance.

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  • Au programme ce soir #14

    On pourrait croire que grâce à nos aînées, les principaux combats féministes ont été gagnés : le droit à l'avortement, à la contraception, au vote, à l'égalité des salaires, pénalisation des violences sexuelles...
    On pourrait croire, et beaucoup en sont effectivement persuadés qu'aujourd'hui l'égalité des sexes est devenue la norme et que le féminisme ne sert donc plus à rien, bon à remiser au placard avec les aiguilles à tricoter.

    Mais comme nous le rappelle cruellement ce documentaire intitulé La domination masculine, cette égalité n'est qu'une illusion.

    À travers un cheminement qui nous fait passer des jouets pour enfants au massacre de l'école Polytechnique au Canada (premier féminicide de l'histoire) et aux avis de masculinistes, ce documentaire nous rappelle bien que cette égalité n'est pas encore devenue la réalité ni la norme dans de nombreux aspects de notre quotidien, et que plus que jamais les combats féministes restent encore nécessaires.

    Trigger warning : nudité, violence (témoignages de violence sexuelle et conjugale), et surtout, bêtise misogyne profonde.

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  • Au programme ce soir #13

    Au programme ce soir #13

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  • Je crois que je commence à me plaire et à trouver la ville jolie.

    Certaines photos sont sous licence Creative Commons 4.0. Passer le curseur sur l'image pour voir s'il s'agit d'une de celles-là : une infobulle doit apparaître indiquant l'auteur à créditer et la licence en cas de réutilisation.

    Fontaine sur l'IJzerenleen à Malines 02

    Fontaine sur l'IJzerenleen à Malines 04

    Fontaine sur l'IJzerenleen à Malines 06

    Fontaine sur l'IJzerenleen à Malines 03

     Promenade maline(s)

    Promenade maline(s)

     

     

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  • Avertissement : Ce billet exprime juste ma surprise face à des habitudes auxquelles, ayant seulement vécu en France, je ne suis pas habituée. Ce n'est en aucun cas un jugement de valeur (« c'est nul », « c'est trop con », « rhalala ces Belges, toujours pas compris le mot "logique" »...), juste l'expression d'une surprise par rapport à ce qui m'est (m'était) inhabituel jusqu'alors.


     

    Saviez-vous que les chèques n'existaient pas en Belgique ? Enfin, plus précisément, n'existent plus. Depuis presque 10 ans.

    Quand j'ai voulu payer mon premier loyer par chèque (la seule utilisation que je fais de mes chéquiers... qui pour une raison Y, s'accumulent neufs dans une enveloppe), on m'a dit « Euh non, ça va pas être possible. »

    Ici, les gens font tout (enfin, tout ce qui n'est pas réglé en liquide ou par un terminal de carte bleue) par virement bancaire.
    Mais pas le petit virement comme on fait tranquilou bilou en France, et vas-y que je me connecte sur mon compte, que je clique, je rentre mon montant et je valide.
    Non non.
    Les gens ont un équipement spécifique ici pour les virements (ou même pour simplement pour consulter leur compte en ligne). Dès que tu as un compte bancaire en Belgique, la banque te délivre un petit boîtier avec (gratuitement, c'est inclus). Je l'ai reçu avec une mine fort perplexe « Mais c'est quoi ce truc ? »

    This is Belgium #1 - Les paiements bancaires

    Genre moi j'ai ça** :

    This is Belgium #1 - Les paiements bancaires

    Cute non ?

    NOOOON.

    Cet engin du diable est une vraie galère complexité inutile pour la petite Française que je suis (en vrai, c'est pas compliqué, mais ça me fait râler quand même parce que c'est quand même plus long que de faire ses opérations à partir d'un compte français et ragnagni et ragnagna).

    Pour faire un virement en ligne, il ne suffit donc pas de se connecter à son compte en ligne avec son numéro client et son code de passe et basta (comme je fais pour mon compte français).
    Non non non.

    This is Belgium #1 - Les paiements bancairesUne fois connecté.e (j'expliquerai plus tard) à ton compte, pour valider ton virement, tu dois insérer ta carte bancaire dans ton petit bidule (par le dessus).
    Puis tu dois rentrer ton code de carte bancaire sur le bidule.
    Puis cliquer sur le bouton indiqué.
    Ça te donne un code de sécurité à BEAUCOUP de chiffres.
    Que tu dois rentrer sur le site de ta banque pour valider ton virement.
    Et seulement là, ça marche.

    En gros, pas de code = pas de virement.
    Pas ta machine fournie par la banque = pas de virement.

    Et vous savez quoi ? C'EST OBLIGÉ COMME ÇA AUSSI POUR LES ACHATS EN LIGNE ET POUR SE CONNECTER AU SITE DE SA BANQUE.

    À. Chaque. Fois. Même. Pour. Les. Achats.

    This is Belgium #1 - Les paiements bancaires
    OUAIS HEIN ??!
    (bon, ça, c'était ma tête quand j'ai appris que fallait faire tout ça***, mais c'était aussi la tête de ma roomate quand je lui ai appris que les numéros sur le recto et le verso de ma carte bancaire française suffisaient généralement pour passer une commande en ligne #deuxmondesenface)

    Certes, c'est plus sécuritaire si tu paumes ta carte j'imagine.

    Mais, autrement dit, tu pars en vacances sans ton bidule, t'es foutu.
    Ça veut dire pas de virement depuis ton lieu de vacances, pas d'achat en ligne (PAS DE LIVRE SUR AMAZON).

    La MERDE.

    Et même si t'as ton chéquier, bah, tu peux te le mettre là où je pense.

    Moralité : FAUT PENSER AU BIDULE.
    Moralité bis : Adieu achats compulsifs de livres. Parce que ça laisse trop le temps de réfléchir toutes ces étapes...

     

    * moment où je choque la moitié des Français. Heureusement que ce blog est peu suivi.
    ** non, c'est pas une pub déguisée.
    *** je suis partisane du "nan mais ok y'a peut-être un intérêt mais surtout on s'en passe quand même très bien" #réflexeprimaire

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