• Maison flottante Amsterdam 2

    Maison flottante Amsterdam

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  • Ceci est un brouillon immonde d'une infime partie du dedans de ma tête dans le désordre et le bazar le plus complet.
    Avec probablement de la contradiction dedans.
    Voilà.

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    Je suis persuadée d’une chose[1] : si on se permet de manger certains animaux plutôt que d’autres et de les exploiter[2], c’est parce qu’on ne les connaît pas assez bien[3].

    C’est un fait et loin d’être un scoop : les espèces qui nous sont très proches ne sont pas consommées, ni tuées, dans nos sociétés[4].

    Il semble y avoir une délimitation nette entre celles-ci et les autres. En effet, nous sommes, pour la majorité d’entre nous, capables de transposer certaines émotions simples (peur, attachement, joie…) sur les animaux qui sont les plus proches de nous au quotidien, souvent implantés au sein de nos foyers, comme les chiens et les chats[5], voire ceux qui sont reconnus très proches de nous, génétiquement parlant, comme les singes par exemple. Nous sommes capables d’empathie envers ces animaux comme nous pourrions l’être, ou presque, envers un autre être humain. Nous trouvons donc généralement inadmissible qu’ils soient maltraités, qu’on les fasse souffrir gratuitement ou que nous les mangions[6]. Parfois, nous nous imaginons ce qu’ils ressentent – quitte à sombrer dans l’anthropomorphisme le plus crasse et nuisible, nous éprouvons de l'amour ou de l'affection pour eux. À nos yeux, ils sont quelqu’un.

    Bizarrement, cette empathie semble être à géométrie variable en fait.

    Pourtant, assez souvent, les personnes les plus virulentes à l’égard de ceux qui maltraitent un chat, un chien[7] n'ont aucun souci à avoir un bon steak bien cuit dans leur assiette, à manger des œufs de poules, sans que ça ne leur pose de problème éthique ou qu’elles ne se posent de questions particulières[8].

    Mais pourquoi une telle différence de traitement entre les quelques espèces que nous caressons et les espèces dont nous consommons les productions ?
    Bizarrement, notre empathie semble bien être à géométrie variable en fait.

    Le choix des espèces que nous consommons ou non est totalement arbitraire et dénué de bon sens. D’une part, nous ne mangeons pas certaines espèces parce que nous considérons que nous n’en avons pas besoin : nous ne mangeons pas de chien, pas de chat, pas de singe par exemple, sans doute en raison de la proximité abordée plus haut. d'autre part, à ces espèces s’ajoutent d’autres (comme le cochon) qui ne sont pas consommées par certains groupes sociaux. Dans d’autres cultures, certains animaux que nous consommons ne le sont pas (le bœuf par une bonne partie de l’Inde par exemple). Le choix des espèces que nous mangeons ou dont nous consommons les produits est donc totalement subjectif, dépendant des époques, des cultures et de multiples caractéristiques sociales. Qu’est-ce qui justifie donc que nous consommions une espèce X alors que c’est une espèce qui ne l’est pas ailleurs ?

    En dehors de cette facette purement « culturelle », c’est plutôt le rapport plus personnel à l’animal qui m’interroge. Il n’est pas rare d’entendre dans la vie courante des (grands-)parents (ou des gens) dire à leurs enfants « Ce n’est qu’un poulet, ce n’est pas très intelligent de toute façon », « c’est qu’un poisson », « oui mais un chien c’est pas pareil en fait, c’est plus intelligent ». Leur infériorité[9], leur supposé degré moindre de conscience ou leur intelligence inférieure dans l’esprit populaire semblent être autant d’arguments (parmi des dizaines d’autres, certes) qui permettent de légitimer leur consommation, voire leur déconsidération, qui permettent d’écarter cette préoccupation de notre esprit.

    Et si nous les connaissions vraiment mal en fait ?

    Je suis arrivée en Master d’éthologie, j’avais déjà une certaine réflexion personnelle[10] sur les thématiques du végétarisme, du véganisme et du spécisme[11]. Mais quand même, j’avais toujours ce vague préjugé selon lequel un piaf (n’)était (qu’)un piaf par exemple. Vaguement consciente qu’aucune espèce est plus intelligente qu’une autre, mais quand même. Enfin vous savez bien. Un poulet c’est pas un chien. Je veux dire, vous comprenez, c’est même pas un mammifère quoi… C’est probablement intéressant, mais pas pour moi merci. Et puis j’ai redécouvert Alex, ses capacités langagières et sa conscience du sens simples des mots. Et puis les cailles. Et puis un cours survolé de bien-être animal en élevage. Et puis j’ai bossé pendant plusieurs mois avec des oiseaux, même si c’était un choix « de secours » parce que j’aurais préféré travailler avec des chevaux, des chiens ou des humains (parce que bon, un oiseau, vous comprenez…). Et finalement, par mon travail, j’ai découvert que ces piafs, ils avaient vraiment leur personnalité, vraiment leurs besoins sociaux, je les ai (trèèèèès longtemps TT) observés, j’ai eu des interactions pseudosociales[12] prolongées avec « mes » piafs, je les ai étudiés théoriquement aussi (le nombre d’articles scientifiques sur les piafs que je me suis paluchée…). Et j’ai aussi pu constater mon impuissance à faire bouger les autres humains pour améliorer leurs conditions de vie, malgré les alertes, et les conséquences que ça avait sur les animaux. De juste « piafs », ces étranges volatiles sont devenus des entités absolument réelles, uniques, pas juste des piafs comme les piafs en général, comme on dit « les gens ». De cette expérience (et d’autres), j’ai finalement appris qu’un piaf, bah non, c’était pas qu’un piaf (nan, je radote ?).
    Maintenant, je vois les oiseaux – tous les oiseaux - sous un autre jour, avec un regard absolument différent. En gros, je les ai « décatégorisés » de leur sous-classe et ils comptent autant que comptent d’autres animaux que je connais mieux.
    Pourquoi ? Parce que j’ai appris à les connaître.
    Or, le poulet dans mon assiette n’est pas très différent de ces étourneaux avec qui j’ai travaillé. Je ne mange pas l’étourneau, pourquoi mangerais-je donc ce poulet ? et le raisonnement tient avec les autres espèces.

    Avec mes études, notamment les deux dernières années, j’ai appris d’autres trucs[13], sur d’autres espèces, même si certaines notions ont été survolées, comme celles du bien-être animal en élevage[14]. Pour ne prendre qu'un exemple, savez-vous que les veaux dont nous mangeons la viande (blanche) sont intentionnellement anémiés ? En effet, le foin qui devrait être leur aliment de base est riche en fer. Or, le fer, ça se fixe sur l'hémoglobine. Or, l'hémoglobine, c'est rouge. Et le consommateur n'aime pas trop ça, le rouge (vous comprenez, ça rappelle le sang alors...). Qu'à cela ne tienne, on va juste ne pas leur donner leur alimentation naturelle et les carencer volontairement en fer, et le problème sera réglé, on aura de la belle viande blanche !

    Sur le plan de l'« intelligence » (il y aurait tellement à dire sur ce terme), qui sait qu’un poussin est capable de compter jusqu’à 5 dès sa naissance ? Que le poisson est capable de ressentir douleur et souffrance, sans compter que ses organes peuvent être endommagés par l’absence de paliers de décompression quand il est pêché par exemple ? Que le cochon a une vie sociale extrêmement riche, que c’est un besoin d’interagir avec des congénères comme nous avons le besoin d’avoir notre cercle social ? que multitude d’animaux d’élevage, jugés stupides, rabaissés, nous sont en fait extrêmement proches sous bien des aspects ?

    Je suis persuadée que la connaissance du comportement des espèces animales nous les rend plus familières. Elle rapproche les espèces socialement « lointaines » ou « invisibles » de nous, nous rend leur existence moins abstraite.

    Nous connaissons bien les chats, les chiens, nous sommes capables de dire ce dont ils sont capables ou incapables, de leur reconnaître une personnalité même sans en avoir personnellement côtoyé. Cela relève de la connaissance commune : nous les connaissons. Ils sont quelqu’un. Avec une conscience, une personnalité, un vécu. Certains croiseront le chemin d’un lapin domestique, et refusent ensuite d’en manger, tout comme d’autres, après avoir côtoyé des chevaux, refusent d’en manger. Pourquoi ?

    Quand apprendrons-nous enfin à connaître les animaux que nous avons dans nos assiettes ?

    « Apprends-moi un mouton »
    Et si ce veau n'était pas qu'un veau ?

     

     

    Bref, tout ça à la base c’était pour dire que je suivais un MOOC sur les poulets.
    Oui.
    TOUT ÇA (mal écrit, brouillon, qui sera sans doute réécrit autrement, remanié plus tard dans un autre billet mieux rédigé) pour ça.

     

     

    [1] À cet instant précis ; opinion soumise à conditions et évolution, non contractuelle. Il est également possible de trouver moins cher ailleurs et de ne pas vous rembourser la différence.

    [2] Si on est amateur ou amatrice de vocabulaire, le terme adéquat est donc spécisme.

    [3] Mon propos n’est pas ici de discuter de l’utilité de consommer de la viande ou non ; plutôt de s’interroger sur le pourquoi nous nous autorisons à consommer la production de certaines espèces et pas d’autres.

    [4] « Le facteur déterminant, c'est la distance, socialement construite, qui sépare les humains de certains animaux. Ceux que nous admettons dans notre environnement proche ne sauraient être tués ni mangés. Toutes les sociétés, sous des formes et à des degrés divers, pratiquent ce traitement différencié. Y compris celles des chasseurs-collecteurs [personnes vivant principalement de la chasse et de la cueillette], dont l'exemple est éclairant. » sur Le Monde

    [5] J’exclus volontairement tout ce qui est NAC : lapins, cochons d’inde… les conditions relatives à leur bien-être et l’importance de celui-ci étant encore souvent sous-estimées par bien des « maîtres » ou humains. Quant aux chevaux, je trouve que leur statut affectif est tellement variable que je les exclus également. Allez zou :-P !

    [6] Je parle d’un point de vue absolument occidentalo-centré et moderne. En d'autres mots : c'est une vision nombriliste :D.

    [7] Par exemple, il suffit de parcourir certaines pages de Facebook ou des journaux régionaux en réaction à des cas de maltraitance animale des déclarations d'amour du genre « il mérite ke de crever » balancé par votre voisine Sylvette qui vous offre des biscuits à chaque Noël... Une bonne raison pour perdre doublement foi en l'humanité en somme.

    [8] Pourtant, quand on se penche objectivement (voir plus loin) sur la question, des problèmes éthiques, ça en pose. Des TAS.

    [9] Aux animaux. Pas aux enfants. Du moins ici.

    [10] Non pas qu’elle ait été super avancée, et tout. Mais déjà, elle existait. Perso, je trouve que c'est pas négligeable.

    [11] Quelle chance d’avoir eu une correspondante végane pour me faire turbiner le cerveau.
    Même si ça n’a pas été suivi d’effets immédiatement, et que je suis toujours en devenir.

    [12] Une interaction sociale se caractérise par une interaction entre deux individus de la même espèce. Une interaction interspécifique (entre deux espèces différentes) est dite pseudosociale.

    [13] Il est tout à fait vrai de penser que même sans faire ces études, j’aurais pu être au courant de ces pratiques, et j’en connaissais certaines d’ailleurs. Mais voilà : « apprendre » une information de manière objective et neutre (comme ici, dans le cadre académique, lors d’un cours sur le sujet) a plus d’impact sur moi que voir passer des informations émanant de sources partisanes. En d’autres termes, pour modifier mon comportement ou ma pensée, une information apportée de manière rationnelle, neutre et objective a plus d’impact qu’une information émotionnelle et partisane.
    Même si c'est critiquable et que dans certains cas, une information objective (exemple bateau : dire que le réchauffement climatique existe peut être perçu par certains comme partisan).

    [14] Ne riez pas au fond. Je vous ai entendus.

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  • « Aucun animal n'a été maltraité durant ce tournage »Mais si, tout le monde le connaît, ce petit agrément, qui est délivré par l'AHA (Animal Human Association), une organisation à but non lucratif chargée de veiller à ce que les animaux soient bien traités lors des tournages, et qui est souvent visible dans les génériques de films américains comportant des scènes avec des animaux dressés.
    Parce que quand même. Voir des animaux à l'écran c'est bien, s'ils sont bien traités et que tout ce qui leur arrive de mal ne reste que la fiction, c'est mieux non :) ?

    Bon, en fait, c'est du bullshit total. (#Bisounours ?)

    Par exemple, qui sait que malgré cet agrément, 27 animaux  sont morts durant le tournage du Hobbit ? Des chevaux, des moutons et des chèvres. Mais comme ça ne s'est pas produit durant le tournage des scènes (vous saisissez ?), le film a eu le droit à sa petite mention « No Animals Were Harmed ».

    Dans L'Odyssée de Pi, le tigre qui incarnait Richard Parker quand les effets spéciaux n'étaient pas assez réalistes, a failli se noyer d'épuisement pendant le tournage. Fox a minimisé. Pour le premier opus de Pirates de Caraïbes, des poissons sont morts pendant 4 jours suite à des explosions sous-marines. Lors du tournage de Cheval de guerre de Spielberg, le cheval phare est mort, mais l'affaire a été étouffée. Sur le tournage d'une comédie romantique Playboy à saisir, un dresseur a lâché un chipmunk, lui a accidentellement marché dessus et l'a tué. Durant la réalisation du téléfilm semi-biographique Temple Grandin, une vache a été tuée. Sur le tournage d'Antartica, prisonniers du froid, un chien a été frappé à plusieurs reprises. Pour Le monde de Narnia, les chevaux employés étaient régulièrement retirés du tournage, parce que boiteux ou blessés. À un moment, 14 chevaux étaient simultanément mis hors service pour des raisons allant d'une blessure sur le nez à des douleurs au dos. Il existe aussi des films où les chevaux sont morts, à cause d'une collision avec une caméra, parce qu'ils se sont empalés, ou ont été blessés par leur harnachement. Lors du tournage de There will be blood, plusieurs cheveux sont morts, dont deux de coliques, alors que quelques jours auparavant, l'AHA avait reçu un message anonyme comme quoi le temps était chaud, sec, poussiéreux et venteux mais que les chevaux n'avaient pas à boire.

    Pourtant, quasiment tous ces films ont reçu l'agrément « No Animals Were Harmed », ou, à défaut, une mention au générique comme quoi l'AHA avait supervisé le tournage.

    « Aucun animal n'a été maltraité durant ce tournage »
    Aiiiiiie confiannnnnnnnce...

    Pourquoi ?

    En réalité, si les animaux sont blessés mais de manière pas trop grave, ou qu'ils le sont mais « pas de manière intentionnelle », en gros, ça passe. Ça peut donc couvrir donc toutes les négligences possibles, qui passent en « blessure non intentionnelle », même ayant entraîné la mort. De même, si les « incidents » se déroulent hors caméras, c'est-à-dire en dehors de la juridiction de l'AHA, pas de problème non plus. Le film peut alors mentionner au générique le fait qu'aucun animal n'a été maltraité ou blessé durant le tournage...

    Cet agrément est donc un joli foutage de gueule et en aucun cas une garantie réelle que les animaux aient été correctement « traités » hors du champ des caméras.

     

    Ce rapide billet fait suite à la lecture du très intéressant et très détaillé reportage (en anglais) de 2013 à lire sur le site d'Hollywood Reporters, qui aborde également le « pourquoi » et le « comment » on en est arrivés là (spoiler : entre autres parce que l'AHA est financée par l'industrie cinématographique).
    Bonne lecture aux courageux qui s'y lanceront, mais c'est vraiment intéressant !



    >> Résumé sur Big Browser pour les non anglophones
    >> Article sur Slate (traduit en français)

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  • Manger de la viande éthique, est-ce vraiment possible ?


    Oui, mais pas n'importe comment, et cet excellent reportage le prouve :

    Il vous permettra enfin de clouer définitivement le bec aux extrémistes végétariens et végans qui vous entourent !

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  • Spoiler :

    L'herbe est-elle plus verte en Belgique pour l'être végétarien ?


     

    Quand on n'aime pas cuisiner, les plats préparés c'est la vie (spécial dédicace aux lasaaaagnes). Ou les trucs genre très très simples (genre le combo pâtes + sauce tomate toute préparée) puisque je suis capable de foirer toute chose plus complexe (à de rares exceptions près).

    De la difficulté d'être un.e végétarien.ne fainéant.e (et peu inventif/ve)

    Sauf que quand on est végétarien, c'est un peu plus compliqué.
    Enfin, pour être plus précis : quand on est végétarien, qu'on n'aime rien et surtout (LE facteur limitant) qu'on n'aime pas cuisiner (comprendre = qu'on ne cuisinera pas davantage qu'avant, encore moins pour se lancer dans des expérimentations extrêmement hasardeuses).

    L'herbe est-elle plus verte en Belgique pour l'être végétarien ?
    Parce que tout le monde n'a pas les mêmes loisirs.

     

    Deux options principales s'offrent à nous.

    Primo, se rabattre sur les plats préparés végétariens. Pas pour tous les repas, mais pour les trucs un peu moins évidents à préparer simplement (typiquement, les steaks de soja, les raviolis...). Mais ils présentent les inconvénients d'être présents majoritairement dans les rayons bio (pourquoi pas...) ou diététique (en mode je fais un régime végétarien pour maigrir sans doute ?), en plus d'être souvent présentés dans des portions individuelles. Ils sont donc forcément plus coûteux (mais miam ces raviolis au tofu...).
    Secundo, si vous avez quelqu'un qui aime cuisiner et qui cuisine pour vous (parce que oui, c'est actuellement mon cas depuis peu et c'est tellement terriblement immensément énormément GÉNIAL), vous pouvez refaire les plats carnés que vous adoriez avant grâce aux substituts végétaux (genre tofu, soja, seitan et autres trucs végétaux). Et au cas où ce ne serait pas évident, ils ont l'avantage d'être parfois extrêmement similaires à leurs homologues carnés (du moins, je n'ai pas été dépaysée).

    Pour la personne peu douée et peu amatrice de cuisine que je suis (parce que même faire une salade m'ennuie), les plats préparés et les substituts ont deux avantages majeurs / non négligeables :
    - je ne vais pas me priver de plein de trucs que j'aimais avant s'il existe une version végétarienne (LASAAAAAAGNES (pas de légumes même si les lasagnes aux légumes c'est bon aussi)). Je ne suis pas masochiste, déjà j'aime pas beaucoup bouffer alors en plus je vais pas me priver de trucs que j'aime.
    - quand vos repas sont communs (et que cette personne n'est pas obtuse bien entendu), un.e omnivore aura davantage de facilité à accepter de manger pareil et sera moins frustré.e de pas avoir « sa viande » avec un substitut végé.

    Mais encore faut-il que tous ces produits soient accessibles. Géographiquement parlant, à Paris c'est easy, à Ploudenbec-dans-le-Néant au coeur du Morbihan ça risque d'être plus compliqué... Tous les commerces alimentaires n'en font pas : pour l'épicerie du coin, à moins qu'elle soit bio ou alternative, ça va être chaud, on augmente ses chances en accédant à une grande surface, mais l'éventail de possibilité reste tout de même généralement assez menu.
    En France, il n'y a pas énormément de choix, steaks de soja, galettes de boulghour, raviolis au tofu... au rayon diététique. Oui oui. Diététique. À côté des Gerblé, de quelques trucs bio paumés, et d'autres aliments pour sportifs. Un peu perdu au milieu. Mais ça reste quand même « marques estampillées bio, françaises ou avec une approche diététique » et pas ouvertement végétarienne quoi.

    Je rêvais d'un autre monde

    (en vrai, j'ai juste traversé une frontière mais je trouvais pas de titre...)

    Et puis, j'ai débarqué en Belgique.
    Et là, c'est probablement pas le paradis du végé, mais diable, j'ai vu la différence.

    Dans ma ville (1/2 h de Bruxelles), rien qu'au niveau des restau, il n'est pas rare du tout d'avoir des alternatives végétariennes (plus rarement végétaliennes par contre...) sur les menus.
    Et pas juste une salade avec des frites, c'est quand même souvent plus élaboré. Dans un restau de burgers, il y avait tout de même 3 burgers végé (ça paraît pas beaucoup, mais par rapport à rien du tout, je prends !). Là où j'habite , se trouvent deux restaus véganes* en ville (un format fast-food, et un où faut réserver sinon c'est plein). Genre même la steakhouse de ma ville propose deux alternatives végé sur son menu...
    (j'ai pas encore testé le MacDo)

    L'herbe est-elle plus verte en Belgique pour l'être végétarien ?
    Moi en voyant les menus.
    (une fois que j'ai réussi à les déchiffrer en néerlandais)

    Et la grande distribution.

    L'herbe est-elle plus verte en Belgique pour l'être végétarien ?Les magasins alimentaires ont souvent un rayon végétarien. Pas grand, mais un rayon quand même.
    Et surtout, pas mélangé avec les trucs minceur / diététique / bio / green, un rayon vraiment veggie.
    Genre au Colruyt, magasin discount, on peut trouver des escalopes à la grecque, steaks, nuggets, saucisse, burgers à diverses saveurs, boulettes, tartinades, lamelles pour wok, falafels, hachis, le tout végétarien. Sans compter les produits surgelés comme les escalopes panées et les cordons bleus.
    Avec tout ça, il a été possible de faire des poivrons farcis, des pâtes aux légumes mijotées au wok, ou de se faire un repas simple escalope / purée / petit pois.
    Pas le plus diététique du monde, mais croyez-moi, quand on cuisine pour vous, même de manière traditionnelle, tout devient excellent - et quand c'est végé et épicé, c'est le summum du pompon.
    (j'vous jure, je mange même des choux bizarres blancs, du céleri et des petits pois !!!)

     

    Et au Carrefour, j'ai trouvé du tofu (oui, c'est un produit de base et pourtant il n'y en a pas au Colruyt, du moins pas qu'on ait aimé), des brochettes, escalopes diverses et variées.
    Et (roulement de tambours), du fromage végétalien.

    L'herbe est-elle plus verte en Belgique pour l'être végétarien ?
    Fromage végétalien, 18 € le kilo (un peu plus chère qu'un vieux comté).

    Oui oui.
    Du fromage végétalien.
    Du fromage sans lait animal.

    L'herbe est-elle plus verte en Belgique pour l'être végétarien ?
    Oui mon chou. C'est pas en France qu'on trouverait ça au Carrouf du coin, hein ?

     

    En somme, le fait d'être végétarien a l'air bien plus... courant ? démocratisé ? visible ? ici, et pour le moment, la disponibilité des produits fait que c'est bien plus pratique qu'en France.

    Après, cela reste relatif : je compare seulement aux endroits que j'ai connus en France (pas vraiment réputée pour se détacher de ses traditions culinaires...), et le végétarisme comme il m'apparaît pour le moment en Belgique ce n'est sans doute rien par rapport à d'autres pays comme l'Allemagne, où il est paraît-il beaucoup plus simple d'être végéta*ien... Sans compter qu'en France, les végétariens représenteraient entre 2 et 3 % de la population, contre 5 % en Belgique, tandis que les végétaliens représenteraient 15 % des Britanniques.

    Bref.
    En devenant végétarienne, mon principal regret était de devoir dire adieu aux lasagnes (vu que je ne cuisine pas, il ne fallait pas se faire d'illusions).
    Et ben pourtant, avec un hachis végétal, on n'y voit QUE DU FEU. Genre vraiment. C'est d'la bonne.
    Après, encore faut-il avoir une personne qui fasse ces lasagnes, ce qui ne règle pas totalement la question de l'être végétarien fainéant ; certes. Mais quand même. Un pas après l'autre.
    Un jour, j'atteindrai l'autonomie culinaire. Un jour.
    Pour le moment, je me réjouis des petits plats qu'on fait pour moi.

    Désormais, à part pour les chips à la crevette et les yakitori (dont je n'attends que le moment où je vais découvrir les alternatives végé car je suis certaines qu'elles existent - genre utiliser du tofu caramélisé ou ben voilà), définitivement plus aucune partie de moi ne regrette ou n'a de doute sur ce végétarisme.

     

    Vivent les lasagnes !

     


     

    Lexique :

    - Végétarien.ne : qui ne mange pas de viande.
    Un pesco-végétarien.ne mange cependant du poisson (mais je comprends pas la logique de ne pas considérer le poisson comme une viande...). On parle également d'ovo-lacto-végétarien.ne pour

    - Végétalien.ne : qui ne mange aucune produit issu de la production animale, c'est-à-dire ni viande (poisson inclus), ni œufs, ni lait, ni miel par exemple.

    - Végane : qui est végétalien, y compris "en dehors" de l'alimentation, c'est-à-dire qui n'utilise aucun produit issu de l'exploitation animal (ni cuir, ni fourrure, ni cosmétiques testés sur les animaux...). Plusieurs courants de pensée existent au sein de ce mouvement, les welfaristes et les abolitionnistes notamment.

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  •  

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