• C'est l'histoire de... #1 (2)

    Me revoilà !

    Je suis de retour au cabinet vétérinaire, toujours pour un stage (disons que, j'ai tellement été sympathique aux yeux de l'équipe en juin, que j'ai eu le droit de revenir !).
    J'assiste à nouveau aux consultations et aux chirurgies, sans m'ennuyer un brin .

    Étant donné qu'il y a 4 vétérinaires chaque jour (un roulement est fait entre les 7 praticiens en tout), deux ASV, une secrétaire (ces trois dernières étant les rouages in-dis-pen-sa-bles pour que ça tourne correctement là-dedans ! sans elles, le monde s'effondre !), et deux blocs, il y a de quoi voir et faire !

     

    C'est l'histoire de... #1 (2)Fleur jauneRosace d'une égliseC'est l'histoire de... #1 (2)
    Quelques unes des photos que j'ai prises cette semaine (le midi)

     

    Depuis le début de la semaine, j'ai donc rencontré (dans le désordre le plus complet)...

    ...

    Un éleveur de bullmastiffs, dont les animaux qui sont purement et simplement a-do-ra-bles !
    Les chiens sont des vraies pâtes, des crèmes, calmes, gentils, posés, confiants, contents d'être là (si si, ils remuent la queue, et ce, parfaitement naturellement, même chez le véto...).
    Tellement bien élevés qu'ils donnent la patte quand on s'accroupit en face d'eux, s'allongent sur le dos pour bien dégager le ventre quand on applique une simple pression sur leurs flancs et tout :-) !
    Au bas mot, 60 kg de gentillesse incarnée, sans une once de méchanceté ;-) !

    Après avoir reçu quelques mots par la véto à propos du monsieur, et après avoir discuté un peu avec lui, quel travail il fait !
    Chez lui, la sélection des parents se base avant tout sur le caractère (tout chien qui n'est pas une crème hyper respectueuse est écartée de la reproduction... et vue la masse de la bête, c'est tant mieux, car je rappelle que le bullmastiff est un énorme molosse !), puis sur la santé, et enfin sur l'esthétique... Voilà bien un éleveur modèle  !

    ...

    Des cockers.
    Ah, les cockers  !
    Décidément, de toutes les races de chiens que j'ai pu voir à la clinique, ce sont les plus retords  !
    Autant certains ont un caractère parfaitement correct (un caractère de chien normal quoi  !), autant d'autres sont des cas proches de la psychopathie canine envers le vétérinaire !
    Il y a d'abord eu un cocker noir très comédien qui s'agitait tellement, qu'il a fallu lui plaquer avec force la tête contre la table pour que la véto n'y laisse pas sa main (et le reste...).
    Le lendemain, c'était une femelle cocker à stériliser, avec laquelle il faudra batailler pour mettre un cathéter. Je n'étais pas là, mais il paraît que ce fut une sacré bataille. À côté, on n'a rien vu, mais on a bien entendu !
    Le troisième, celle de vendredi, avait l'air normal (quoiqu'un peu trop ronde...). Ses maîtres trouvent cependant qu'elle devient un peu hargneuse avec le temps (et elle a... seulement 3 ans !).
    Ils ont repéré une espèce de « boule » pas très loin du genou. Après une recherche longue et minutieuse, le vétérinaire ne trouve rien. Le chien a seulement gagné une séance de palper-rouler .
    Allô, y a-t-il un cocker sympa dans la salle ? (pitié, je veux croire que oui...!)

    ...

    J'ai revu une dame, que j'avais déjà rencontrée lors de mon stage du mois de juin.
    Elle est revenue, toujours pour le même chat. Une chatte en fait. Mais pour ne pas confondre la maîtresse et la chatte, j'utiliserai le pronom masculin pour l'animal :-).
    Malheureusement, l'animal est en sursis ; il a été récemment opéré d'une tumeur à la langue (entre mes deux premières semaines de stage en juin je crois), et il est régulièrement revenu à la clinique depuis.
    Depuis quelques jours, il ne parvient plus à s'alimenter et à s'abreuver seul. Il s'assoit devant la gamelle, attrape de la nourriture (de la cochonnerie de grande surface, car mademoiselle ne veut pas avaler de l'aliment de qualité que lui achète sa maîtresse !), mais pas en quantité suffisante pour subvenir à ses besoins. Idem pour l'eau.
    En plus d'être âgé, l'animal est particulièrement déshydraté lorsqu'il est vu en consultation.
    Des injections sous-cutanées de soluté (à perfusion ?) sont du coup faites à la clinique.

    Comme le chat essaie encore de se nourrir par lui-même (même sans y arriver complètement), qu'il se laisse encore faire pour les soins et pour le "gavage", bref, qu'il montre encore des signes qu'il veut encore vivre, il est décidé qu'il sera alimenté à la seringue, du moins jusqu'à ce qu'il "abandonne" et fasse signe qu'il ne veut plus continuer.
    La maîtresse est bien consciente que ce n'est que provisoire, et qu'il faudra revenir pour mettre fin aux jours de l'animal, certainement même avant un mois...
    C'est franchement dommage qu'il lui arrive tout ça... autant au chat qu'à la dame, qui a déjà vécu des choses très dures avant ça.
    Est-ce une bonne décision de poursuivre au lieu de rendre les armes ce jour-là ? avant qu'elle ne vienne, j'étais persuadée que non.
    En voyant le chat et la maîtresse, je n'en étais plus si sûre.
    C'est un choix réfléchi de sa part, sensé.
    Ce n'est pas le résultat d'un attachement irréfléchi ou irraisonné, une refus de laisser partir son animal définitivement. La maîtresse se représente bien que ce n'est qu'une question de temps, et que dans deux mois (en étant très "optimiste" si l'on peut dire) au grand maximum, elle aura perdu son chat. En un sens, elle est réaliste, ce qui n'est pas le cas de tous les propriétaires d'animaux dont la vie arrive à terme. Cette dame ne elle ne veut pas être épargnée s'il y a quelque chose de mauvais à lui annoncer. Elle ne veut pas d'acharnement thérapeutique, elle ne veut pas que son chat souffre.
    D'ailleurs, selon la vétérinaire, il ne souffre pas.
    Si cela avait été le cas, la maîtresse l'aurait déjà euthanasié.
    Pour la véto, quand le chat en aura assez, il le montrera ; il restera prostré, s'isolera, ne voudra plus se laisser faire pour les soins et l'alimentation, ce qui n'est visiblement pas le cas à présent.
    Il a donc été décidé de continuer, d'assister le chat jusqu'au "bout", jusqu'à ce qu'il montre des signes qu'il veut jeter l'éponge, et de l'euthanasier alors...

    {à suivre}

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 17 Août 2012 à 01:07

    Dans un fameux court-métrage réalisé il y a quelques années, mon père jouait le rôle du journaliste Jean-Louis Cocker : voilà déjà une explication.

    2
    Vendredi 17 Août 2012 à 22:27

    Alors, retord ou normal ^^ ?

    3
    Samedi 18 Août 2012 à 00:32

    Retors, ce rôle, évidemment, mais je comprends mieux le patronyme dont on l'affubla. Notre réalisateur est fort cynique, je trouve.

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