• Je me pose actuellement la question de l'avenir de ce blog. Tout d'abord organisé de manière chronologique, année par année universitaire, ma vie a actuellement pris un tournant non prévu qui déroge un peu à cet ordre (et m'amène à moins poster, par manque de temps ou d'envie, mais souvent les deux). Jugez-en vous-même : toujours pas dans le cursus vétérinaire, déjà hors des études depuis 2 ans... Ma vie et le chemin de traverse qu'elle est en train d'emprunter ne ressemblent en rien à ce que j'avais imaginé. Genre, à mille lieues. À quel point ?

    Quand j'étais en primaire, de temps en temps je prenais une feuille et je listais en colonne les années scolaires à venir, et le niveau scolaire que j'aurais atteint - y compris la passation du concours vétérinaire dans loooongtemps. C'était sans compter, évidemment, les imprévus qui sont forcément arrivés, et le fait que moi je changeais. Mes 3 certitudes sont restées fixes, dont celle de devenir vétérinaire, comme l'aiguille d'une boussole qui indiquera toujours la même direction.

    Petite, j'avais donc prévu qu'à mon âge actuel, je serais déjà sur la fin des études vétérinaires. Je ne les ai même pas encore entamées.

    À quoi ressemble ma vie à la place de ça ? Elle est en fait tellement plus large que ce que j'avais imaginé, et tellement différente de celle que j'avais pendant mes études. Et j'en suis contente, même si certains épisodes n'ont vraiment pas été évidents à surmonter.

     

    J'occupe à temps plein un emploi pour financer la reprise de mes études. Emploi jugé ingrat par nombre de mes collègues, que je plains plus que moi parce que j'aurais au moins la possibilité de le quitter à n moment donné, ce qui ne sera pas le cas de la majorité d'entre eux - excepté quand ils auront des problèmes de santé trop importants pour poursuivre. De mon point de vue, tout ingrat que cet emploi puisse paraître, c'est aussi une expérience personnelle car c'est socialement radicalement différent de tout ce que j'ai connu. Et c'est tant mieux. Je me dis que je vis un petit peu moins dans un « entre-soi » pour un temps.

    Mon temps libre, je le partage principalement entre deux associations, une dans le domaine vétérinaire et une autre liée aux projets Wikimedia (Wikipédia, Wikimedia Commons...), auxquels je contribue toujours. La seconde association occupe une grande part de ce temps libre puisque j'y suis aussi impliquée au niveau de l'organisation, surtout en ce moment.

    Je n'avais pas anticipé le fait de me découvrir progressivement autiste. Je n'avais pas prévu tout le chamboulement que ce serait avant d'en arriver à cette conclusion, ni les tourments suite aux nouvelles situations auxquelles je serais confrontée à la fin de mes études, quand je serais confrontée à un changement de cadre intense et à des situations sociales tout à fait nouvelles. Au point de penser que j'étais juste folle, de passer vraiment de sales moments, avant de littéralement échouer comme une loque chez un psychologue qui n'y connaissait visiblement rien et qui n'a rien trouvé de mieux que de me dire « Mais vous n'êtes pas autiste, vous n'avez pas l'air handicapé ». J'ai compris que son argument n'était pas valide, que ce questionnement valait plus qu'un revers de main, et un tiers convaincu a fini par me convaincre aussi que oui, c'était une possibilité à sérieusement considérer pour expliquer ce qu'il se passait. Je n'avais pas anticipé non plus le soulagement intense que cela représenterait une fois confirmé.
    Cela explique aussi à quels points mes intérêts peuvent être forts et sources d'apaisement. Pourquoi quand je me pique de curiosité pour une chose, ça peut vite friser l'obsession aussi.
    C'est également une porte ouverte à une certaine réinterprétation d'évènements passés. Comme le fait d'avoir vécu dans des conditions que l'on pourrait considérer d'« autistiquement » idéales pendant toutes mes années d'études, qui, combiné aux capacités de masking accru que les AFAB (personnes assignées fille à la naissance), pourraient expliquer pourquoi je n'avais jamais sérieusement envisagé la possibilité de l'autisme plus tôt - alors que maintenant, ça semble une évidence. Je suis contente de l'avoir appris au bon moment. Ce n'est pas le cas de tout le monde.

    Je n'avais pas prévu non plus le fait d'apprendre que j'étais probablement trans, comme un coup de marteau. Ni la tempête de plusieurs mois qui précèderait ni l'apaisement qui s'ensuivrait, mais toujours avec des périodes de doute (suis-je légitime ? ne me prendrais-je pas la tête pour rien ? est-ce que je ne vole pas cette étiquette à d'autres qui en souffrent vraiment ?). Même si de mon point de vue, je pense que je n'aurais pas à me définir ainsi si la société considérait et traitait les gens de manière juste quelque soit l'espèce de sexe entre les jambes avec lequel ils naissent (en quoi est-ce si important d'ailleurs la plupart du temps ?), et qu'au fond, il s'agit juste de se situer une fois de plus par rapport à une norme (mal) construite qu'il serait bien temps de dynamiter et non de perpétuer.

    Ce qui reste de mon temps libre (ou de la procrastination), je le consacre souvent à lire ou écouter des choses diverses sur des intérêts : féminisme, genre, socio... ou juste à procrastiner plus inutilement en regardant du contenu - mais parfois, c'est quand même intéressant. Beaucoup de choses auxquelles je m'intéresse depuis des années, que j'avais refoulées un temps étudiante (pour plein de mauvaises raisons), et dont finalement j'assouvis l'intérêt désormais. Je me dis qu'une étude américaine prouve certainement que c'est bon pour la santé.

    Je n'avais pas prévu que tous ces intérêts combinés me donneraient accès à de super opportunités. J'ai assisté à une conférence internationale sur les projets Wikimedia en Afrique du Sud récemment, et j'ai donné quelques temps plus tard ma première conférence sur le sujet, qui s'inscrit dans le cadre d'un projet qui devrait se poursuivre après cet évènement (#teaser ?). Aussi, alors qu'il y a un an j'aurais freiné des quatre fers, je participe doucement à l'organisation d'évènements à venir, et espère en organiser après si ceux-là se passent bien si je ne finis pas dégoûtée.
    J'ajoute à tout ça la chance de pouvoir partager beaucoup de ces choses avec quelqu'un qui partage beaucoup de ces intérêts et de mes points de vue, tout en me permettant de sortir un peu de ma zone de confort de manière souvent safe : avoir à ses côtés quelqu'un comme ça est quelque chose de très précieux. Bien s'entourer est précieux. Je pense aussi qu'une étude américaine l'a certainement prouvé.

    Alors certes, je n'ai toujours pas fait mon voyage rêvé en Italie, je ne (re)monte toujours pas à cheval, je n'ai pas mon espace bureau et ma bibliothèque, je ne vis toujours pas avec mon chien idéal, je ne suis pas devenue une personne adulte pleine de confiance en soi (mouahaha, doux rêve impossible) et j'ai potentiellement pas encore fait la moitié de ce que je pensais avoir fait à mon âge. Mais je suis en train de vivre des expériences super chouettes (ou soyons honnêtes, parfois très tristes aussi... ou frustrantes et rasoir) et ça va continuer. Une étude américaine le prouvera peut-être.

    (enfin j'espère)

    En tout cas, j'ai toujours ma boussole avec moi.

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  • Bonjour !

    Non, point d'analyse politique ou socio-culturelle dans cet article.

    Français.e, comment réagiriez-vous si on vous demandait :
    « Tu sais mettre ça là ? »
    « Tu saurais prendre ta pause à telle heure ? »
    « Est-ce que tu sais prévenir un.etel.le que trucmuche le/la cherche ? »

    Moi les premières fois, j'ai été un peu déroutée.
    J'ai un peu été du genre à répondre « Oui... » avec une voix indiquant le doute sur les intentions de mon interlocuteur.rice.
    Parce que oui, dans l'absolu, je sais mettre ça là (j'ai deux bras fonctionnels), je sais prendre ma pause à l'heure qu'on me dit (je sais lire l'heure, je suis pas teubée non plus), et je sais parler donc transmettre un message à quelqu'un si on me le demande.

    J'ai rapidement compris qu'en fait, ici en Belgique, savoir avait un double sens.
    Savoir, ce n'est pas seulement avoir la connaissance, avoir appris.
    Savoir, c'est aussi pouvoir. Pouvoir le faire maintenant, là.
    « Tu peux mettre ça là ? »
    « Tu pourrais prendre ta pause à telle heure ? »
    « Est-ce que tu peux prévenir un.etel.le que trucmuche le/la cherche ? »

    Oui, je sais.

     

    Et ma foi, comme pour nonante (même si avouons-le, Nonante minutes inside ça le fait moyen), septante, j'ai fini par mimer mon nouvel entourage et prendre le pli de remplacer pouvoir par savoir dans cet environnement précis.

    Et le fait de mimer consciemment ou inconsciemment les personnes avec lesquelles j'échange, notamment au travail, a un autre effet. Un effet pire même.
    J'ai désormais un accent bizarre quand je parle à des Belges ou que je raconte des trucs au téléphone. Genre un truc qui n'est pas mon accent normal. Un accent que je n'utilise pas quand je parle à certaines personnes bien françaises.

    En Belgique, savoir c'est pouvoir

    En vrac, on m'a déjà dit que j'avais un accent :
    - québécois
    - mauricien
    - français (évidemment, je garde des intonations typiques qui ressortent parfois)
    - belge (enfin, belge-approved comme pas teinté d'accent étranger et approuvé par des Bruxellois).

    Un joli mélange en somme intello !

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  • [TW / avertissement : viol, agression sexuelle]

    Cher lecteur, chère lectrice,

    Je voudrais partager un truc avec toi.
    Puis-je te dire que j'ai parfois très très fort la rage ? Et là, ce matin, en y repensant, j'ai pété mon coche.

    J'ai repensé à la réflexion de l'un de mes collègues, à peu près le double de mon âge, plutôt réfléchi par rapport à la moyenne de la boîte (le niveau est pas ouf), avec qui j'apprécie discuter même si je ne partage pas du tout la plupart de ses idées (plutôt trop libérales et rétrogrades à mon goût).

    Ce collègue me disait donc l'autre jour que pour lui, il faut absolument laisser les jeunes hommes draguer dans la rue et aborder les femmes presque au hasard, car sinon, ils ne pourront jamais rencontrer de jeunes filles et surtout, ils ne pourront jamais se marier.

     

    C'est tellement AHURISSANT comme raisonnement que je sais pas quoi y répondre.
    (et évidemment hétérocentré, hein, mais on n'est plus à ça près)

    Genre, c'est (encore, et toujours, et éternellement) aux filles de prendre sur elles et de se sacrifier en acceptant de se faire harceler (pardon, « aborder ») dans la rue pour que ces pauvres petits mecs aient une micro-chance de se marier ??? Pardon ??

    C'est tellement connu que la rue c'est tellement la manière idéale de faire connaissance après avoir vu une femme deux secondes et que de l'autre côté, c'est pas du tout flippant de se faire aborder par un mec dans la rue et de devoir repousser les demandes insistantes de discussion alors qu'on en a clairement rien à foutre et qu'on a surtout rien demandé.

    Le fait que la plupart tu temps quand tu es seule quelque part, tu sois obligée de te méfier de TOUS les mecs qui s'approchent un peu trop, y compris ceux en qui tu as confiance, de peur d'être agressée, lui en touche une sans faire bouger l'autre. Il n'a même pas l'air de comprendre.

    Pour mon collègue, si on se méfie de tous les hommes et qu'on les empêche de "nouer contact", alors ça pénalise les garçons gentils qui se « comportent bien » (mais aborder une femme dans la rue pour la draguer, est-ce vraiment un bon comportement ?!), sans aucune considération pour tous les gros relous qu'il faut supporter, notons.

    L'éternelle ritournelle de « oui mais les gentils... » en mode #notallmen.
    Sauf que non. Y'a pas de gentils qui tienne. Parce que, mec, c'est un "gentil" garagiste qui a cru instructif de m'agresser sexuellement la dernière fois hein. C'est un "gentil" garçon qui a cru bon de me forcer à lui faire une fellation "pour voir" si j'allais vraiment le faire. C'est un "gentil" garçon qui a cru bon de me dire à mon réveil que j'étais jolie quand je dormais (#creepy).

    Ton image du "mec gentil", elle est totalement fictive collègue. Ton Jean-Gonzague sorti de ta grande école de commerce et ton Lucas ne sont pas plus gentils ni plus safe que ton stéréotype du banlieusard ouvertement macho.

    Les mecs "gentils" sont peut-être les pires à redouter, parce qu'ils ne se rendent même pas compte de ce qu'ils font.
    Et ne réaliseront peut-être jamais parce qu'ils se considèrent juste au-dessus des clichés du "mec pas recommandable", parce qu'ils n'ont pas « vraiment » forcé davantage, parce qu'ils n'ont pas insisté (dans leur infinie bonté), parce qu'un baiser volé c'est « romantique » (spoiler : c'est une agression sexuelle), parce que « ça partait d'une bonne intention » ou que sais-je encore.


    Men.
    Are.
    Trash.

    Remettez-vous en question bordel.
    Essayez d'imaginer autre chose que votre propre cas.
    Les problèmes des autres gens par exemple, notamment ceux qui ne font pas partie de vos catégories sociales.

    Et les femmes ne vous doivent RIEN. Elles n'ont pas d'obligation à être gentilles, à s'occuper de vous (on jour, on reparlera de l'injonction au care ici), à vous « laisser une chance » ni quoi que ce soit de ce genre. Il est beaucoup plus probable que vous soyez le énième mec imbu de lui-même à vous penser tellement exceptionnel qu'il faut que vous l'abordiez après l'avoir uniquement jugée sur son physique que l'homme de sa vie (elle est assez intelligente pour trouver chaussure à son pieds elle-même).

    Et éduquez vos mômes au consentement.
    Ça fera un meilleur monde pour tout le monde.

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  • Bonjour bonjour !

    Il me passe une quantité astronomique de pensées et de réflexion en tête, pourtant, ce blog est relativement peu alimenté sur les sujets qui me tiennent le plus à coeur. Je n'avais pas ce problème quand j'ai commencé ce blog et durant les deux premières années. Pourquoi ?

    Au fur et à mesure de mon parcours, j'ai intégré des milieux de plus en plus « réduits » : d'une masse de gens grouillant en Licence de biologie (ce qui concerne un certain nombre de pékins, on en conviendra), je suis passée à un Master peu répandu où la promo tient en une vingtaine de personnes. Tout de suite, tu deviens nettement plus identifiable : plus difficile de parler ici de choses trop personnelles concernant ce qu'il se passe dans ton parcours (même si ça pourrait en aider plus d'un/une) par exemple, toujours un peu compliqué de le faire ensuite même si ce serait un bon catgarsis. Ensuite, dans le milieu pro, ben... pour le moment, je suis « la » Française (même si en vrai y'en a plusieurs), celle qui a un Master de bio et qu'on sait pas trop pourquoi elle vient faire ce job « ingrat » (même si à mes yeux, il n'y a point de sot métier...) ni même pourquoi, par moment très maladroite et mal à l'aise et dans d'autres tâches hyper efficace et comme un poisson dans l'eau.

    To speak. Or not to speak.
    La discrétion.

     

    Par exemple, ce que j'aimerais aborder :

    • le végétarisme
    • le système postal en Belgique (et la surconsommation)
    • Men are trash
    • toutes ces situations où je suis super mal à l'aise au travail à cause des relents sexistes (ou du sexisme tout court) d'un certain nombre de mes collègues
    • l'entre-soi
    • les valeurs
    • les pensées obsessionnelles
    • les mauvais arguments (ou comment des arguments scientifiquement invalides peuvent avoir davantage de poids que des raisons logiques et cohérentes)
    • les préjugés sur le handicap mental, ou les particularités psychiques / psychologiques
    • ce que ça fait d'avoir fait l'école à la maison, 7 ans après être passé(e) à autre chose (et le retour qu'on en a)
    • les gens, les gens, les gens, les gens, les gens, LES GENS

     

    Le problème étant principalement que certaines personnes que j'évoquerais seraient facilement identifiables (il est donc plus long de tourner un billet de manière à ce qu'elles ne le soient pas) et qu'il est aussi mal vu de parler de certaines situations (dépression, harcèlement moral), parce que c'est encore (à tort) vu comme de la fragilité, de la faiblesse, de la victimisation ou les trois.

    Des fois, je me demande si je ne devrais pas écrire ailleurs. Sous un autre pseudonyme. Sauf que : étant un tout, je ne me vois pas passer sous silence certains pans entiers de ma personnalité que je trouve importants. Tout comme, quand je discute avec des gens, je ne cache pas avoir fait l'école à la maison, m'être éclatée en bio, vouloir y retourner un jour, aimer les animaux, m'intéresser aux questions sociales, aux relations humaines, à la psychologie sociale, à la psychiatrie, contribuer à Wikipédia, me questionner sur l'éthique animale, chercher comment les choses fonctionnent, voyager avec une peluche, bref, être moi.

    Je suis aussi très attachée à ce blog. Même si actuellement, il ne me reflète pas (plus) comme je suis, ce que je regrette. Je cherche une manière de pouvoir m'y exprimer, sans me censurer, sans avoir à me dire « tu en dis trop, attention, si jamais un employeur un peu trop conformiste tombe dessus, c'est cuit ». Des fois, j'aimerais bien « archiver » tout un pan du blog (mais j'ai peut-être trouvé le moyen), pour le scinder en deux : mes études direct-post-école à la maison, ma découverte du monde universitaire et le fait de vivre seule, dans un coin plus discret, et la suite, plus dans le questionnement, plus actuelle.

    À suivre...

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  • Les gens !

    (enfin, les derniers gens vaillants restés à lire ce blog)

    Grande nouvelle !
    J'achète des livres !!!

    Ça veut dire quoi ?

    Ça veut dire que je travaille ! Enfin !

    Congratulations! First Belgian achievement unlocked.

    Depuis que je suis arrivée en Belgique, j'ai fait certains trucs : cours de langue, MOOCs, un petit peu de tourisme, le tout sur fond de recherche d'emploi (plutôt démoralisante) qui a également basculé en phase d'économies extrêmes il y a quelques mois (i.e. je suis financièrement ruinée). Le tout (l'attente, les sous, l'absence de réponse) ayant entraîné des bas moraux parfois assez costauds.

    Et ce que j'avais plus ou moins prévu est arrivé : une entreprise pour laquelle j'avais passé avec succès un entretien l'année dernière et après laquelle je commençais à ne plus espérer m'a rappelée (... soit neuf mois plus tard. Oui). Finalement, mon tout premier entretien d'embauche qui était passé comme une lettre à la poste aura été le bon ! Ne pas chercher à comprendre. Maintenant, j'ai du travail !

    Congratulations! First Belgian achievement unlocked.

    Et ça change quoi concrètement ?
    Tout !
    (ou presque)

    • J'ai (enfin) un emploi du temps régulier qui me maintient l'esprit occupé, même si je travaille en shift en finissant tard la nuit (ou plutôt, tôt le matin on va dire). Mais bon, tant qu'on est jeune c'est plus facile à supporter alors autant avoir un rythme décalé maintenant !
    • J'ai (enfin) des relations sociales. De qualité et de niveau extrêmement variables, certes, mais des relations sociales !
    • Je suis dans un environnement nouveau ! Malgré le stress intense du premier jour, finalement tout s'est bien passé, les gens sont globalement encourageants et les tâches bien que physiques sont variées !
    • J'ai appris et je continue d'apprendre plein de choses nouvelles ! Au fil de mes affectations du jour, je complète petit à petit une cartographie mentale de toutes les étapes nécessaires à un processus dont on ignore généralement tout du déroulement (vous savez, le genre de travail de fourmi absolument central auquel on ne pense pas quand on commande des trucs en ligne et qui permet pourtant à nos colis d'arriver dans des délais raisonnables !). Et j'aime les procédures. Donc c'est cool !

     

    Effet secondaire bigrement positif au fait de travailler, j'ai de l'argent maintenant !

    • Je peux rembourser mes dettes ! Notamment mes loyers en retard auprès de ma coloc compréhensive qui ne s'est jamais plaint de mes "retards de paiement"...
    • Je peux sortir ! Fini de calculer le nombre de km que je vais pouvoir caser dans un plein, et d'éviter les sections à péage des autoroutes par manque de sous ! À moi les musées et les visites de temps en temps ! Je vais enfin pouvoir visiter le musée des égouts et pousser la route jusqu'au musée de la carotte !
    • Je peux ENFIN m'acheter de la bouffe française et revenir faire des courses exprès pour acheter cidre, pain et brioche ! (on parle beaucoup du tourisme médical mais peu du tourisme économique-gastronomique)
    • Last but not least, je peux m'acheter des livres !!!
      (et en offrir aussi)

    Et pas du tout accessoirement, je vais bientôt passer en phase d'économie afin d'épargner pour mes projets futurs !

    Congratulations! First Belgian achievement unlocked.

    Congratulations! First Belgian achievement unlocked.J'ai beau ne pas rouler sur l'or ou gagner des mille et des cents, mais j'ai l'impression de nager dans le luxe. Rendez-vous compte. Je peux m'acheter des livres. DES LIVRES.

    Que demande le peuple ?

     

    (enfin si, le peuple demande un contrat à durée indéterminée MAIS BON ça c'est le prochain level à débloquer)

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  • Il y a quelque chose qui m'agace particulièrement autant dans la « vraie vie » que sur l'internet (mais qui a dit qu'internet c'était pas la vraie vie aussi, d'abord ?) : les mauvais arguments avancés pour justifier d'une opinion ou d'une action à propos d'un sujet sérieux.

    Genre, si tu me dis que tu préfères Toy Story à Kuzco, ça passe. C'est pas si grave, ça concerne que toi, tu vois ?
    Mais si tu commence à jaser et me dire que l'homéopathie c'est bien parce que quand même, depuis qu'elle en a pris tante Georgette a plus de psoriasis, ou que tu me dises que je devrais éviter de courir seule en forêt parce qu'il pourrait y avoir un agresseur pervers*, il y a de fortes chances que je monte dans les tours intérieurement.

    « Vérités et conséquences » (à prononcer avec un accent québécois, parce que ça rend meilleur)

    Et ça, clairement, c'est l'effet que ça me fait.

    Qu'est-ce qu'un mauvais argument ? Il y en a plein, mais là, je pense notamment aux arguments basés sur son affect, sur l'émotion (de l'émetteur ou du receveur). Il n'y a rien de pire qu'un débat qui devient trop émotif, parce que c'est la porte ouverte à tous les excès (le pire ? c'est que ça marche. Regardez la politique).
    Pour moi, utiliser les ficelles de l'émotion pour influencer, c'est employer des arguments fallacieux et tronqués. Quand bien même quand ils seraient exprimés pour servir quelque chose de bien à la base.

    Bref, quand je lis ou que j'écoute quelque chose, ce n'est pas l'appel ou plutôt de pseudo-argument qui va me faire changer d'avis. Pire : ça aura presque l'effet inverse, car une position qui nécessite d'être défendue par de l'émotion, je trouve ça louche. Est-ce que ça voudrait donc dire que la personne n'a rien de mieux à faire valoir pour défendre son opinion ? Ça n'augure rien de bon...

    J'aime les arguments réfléchis, raisonnés et rationnels. Pourquoi ? Parce que ça se pèse et se soupèse, tu peux les comparer, vérifier leurs bases, si c'est honnête. Tu peux vérifier si la logique derrière est plutôt correcte, et si tu trouves ça juste (détail important). Et après tu décides si ça vaut le coup ou non.

    Maintenant, dans la (vraie) vie, y'a les réseaux sociaux (et les repas de famille, mais ceci est une autre question).

    Quand tu passes sur les réseaux sociaux, et que tu vois ce que les gens peuvent avancer comme conneries, il y a carrément de quoi avoir envie de se pendre (ou d'ouvrir une école obligatoire pour nettoyer tous ces cerveaux dégénérés de bêtise).

    Deux exemples qui sont passés sur mon mur Facebook :

    « Vérités et conséquences » (à prononcer avec un accent québécois, parce que ça rend meilleur)
    Tu le vois, le truc qui va jouer sur la culpabilisation ?
    (et tu le vois, le truc très humano-centré ?)

    « Vérités et conséquences » (à prononcer avec un accent québécois, parce que ça rend meilleur)
    Et là, OUHLALA, on est sur du high level de bullshit bien corsé de base, je t'aurais
    volontiers pété un anévrisme si j'avais pas arrêté de rouler des yeux à temps.
    (et je te dis pas comment je l'ai démonté en trois-quatre-deux)

    Dans ces moments-là, je suis un peu comme ça :

    « Vérités et conséquences » (à prononcer avec un accent québécois, parce que ça rend meilleur)
    Quand tu es sur les réseaux sociaux et que tu lis des choses pareilles.

     

    Pourquoi les gens ne peuvent-ils donc pas utiliser des arguments réfléchis, raisonnés, rationnels, quand ils parlent de choses sérieuses et importantes ? N'est-ce pas là où justement on a besoin d'honnêteté ? L'émotion (comme la peur) et l'affect ne devraient être qu'accessoires, et ne pas entièrement guider la réflexion...

    En gros, j'ai écrit tout ce truc pour dire que j'ai trouvé un truc cool hier matin qui illustre un peu ça.

    Cet humoriste québécois (↓) fait des capsules de quelques minutes sur des sujets comme les commentaires sur internet, le salaire minimum, pour les décortiquer et distinguer le vrai du faux, à l'aide d'argument raisonnés, réfléchis et basés sur des faits. Et non, c'est pas rasoir. Je l'ai découvert avec cette vidéo sur le terrorisme (non, tu ne mourras pas du terrorisme) et puis je suis tombée sur ses autres capsules.
    (il a aussi un syndrome d'Asperger, en passant)

    Bref, j'adore.                 (<===== ATTENTION ceci est un argument émotionnel !!!)

    Au passage, j'ai beaucoup aimé (pour plein de raisons non développées ici) son interview à Tout le monde en parle en 2016 :

     

    -----

    *j'ai statistiquement beaucoup plus de risque d'être violée agressée sexuellement par mon conjoint que par un gars random dans la rue ou la forêt en faisant mon jogging. Bisous.

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