• Bonjour !

    Non, point d'analyse politique ou socio-culturelle dans cet article.

    Français.e, comment réagiriez-vous si on vous demandait :
    « Tu sais mettre ça là ? »
    « Tu saurais prendre ta pause à telle heure ? »
    « Est-ce que tu sais prévenir un.etel.le que trucmuche le/la cherche ? »

    Moi les premières fois, j'ai été un peu déroutée.
    J'ai un peu été du genre à répondre « Oui... » avec une voix indiquant le doute sur les intentions de mon interlocuteur.rice.
    Parce que oui, dans l'absolu, je sais mettre ça là (j'ai deux bras fonctionnels), je sais prendre ma pause à l'heure qu'on me dit (je sais lire l'heure, je suis pas teubée non plus), et je sais parler donc transmettre un message à quelqu'un si on me le demande.

    J'ai rapidement compris qu'en fait, ici en Belgique, savoir avait un double sens.
    Savoir, ce n'est pas seulement avoir la connaissance, avoir appris.
    Savoir, c'est aussi pouvoir. Pouvoir le faire maintenant, là.
    « Tu peux mettre ça là ? »
    « Tu pourrais prendre ta pause à telle heure ? »
    « Est-ce que tu peux prévenir un.etel.le que trucmuche le/la cherche ? »

    Oui, je sais.

     

    Et ma foi, comme pour nonante (même si avouons-le, Nonante minutes inside ça le fait moyen), septante, j'ai fini par mimer mon nouvel entourage et prendre le pli de remplacer pouvoir par savoir dans cet environnement précis.

    Et le fait de mimer consciemment ou inconsciemment les personnes avec lesquelles j'échange, notamment au travail, a un autre effet. Un effet pire même.
    J'ai désormais un accent bizarre quand je parle à des Belges ou que je raconte des trucs au téléphone. Genre un truc qui n'est pas mon accent normal. Un accent que je n'utilise pas quand je parle à certaines personnes bien françaises.

    En Belgique, savoir c'est pouvoir

    En vrac, on m'a déjà dit que j'avais un accent :
    - québécois
    - mauricien
    - français (évidemment, je garde des intonations typiques qui ressortent parfois)
    - belge (enfin, belge-approved comme pas teinté d'accent étranger et approuvé par des Bruxellois).

    Un joli mélange en somme intello !

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  • [TW / avertissement : viol, agression sexuelle]

    Cher lecteur, chère lectrice,

    Je voudrais partager un truc avec toi.
    Puis-je te dire que j'ai parfois très très fort la rage ? Et là, ce matin, en y repensant, j'ai pété mon coche.

    J'ai repensé à la réflexion de l'un de mes collègues, à peu près le double de mon âge, plutôt réfléchi par rapport à la moyenne de la boîte (le niveau est pas ouf), avec qui j'apprécie discuter même si je ne partage pas du tout la plupart de ses idées (plutôt trop libérales et rétrogrades à mon goût).

    Ce collègue me disait donc l'autre jour que pour lui, il faut absolument laisser les jeunes hommes draguer dans la rue et aborder les femmes presque au hasard, car sinon, ils ne pourront jamais rencontrer de jeunes filles et surtout, ils ne pourront jamais se marier.

     

    C'est tellement AHURISSANT comme raisonnement que je sais pas quoi y répondre.
    (et évidemment hétérocentré, hein, mais on n'est plus à ça près)

    Genre, c'est (encore, et toujours, et éternellement) aux filles de prendre sur elles et de se sacrifier en acceptant de se faire harceler (pardon, « aborder ») dans la rue pour que ces pauvres petits mecs aient une micro-chance de se marier ??? Pardon ??

    C'est tellement connu que la rue c'est tellement la manière idéale de faire connaissance après avoir vu une femme deux secondes et que de l'autre côté, c'est pas du tout flippant de se faire aborder par un mec dans la rue et de devoir repousser les demandes insistantes de discussion alors qu'on en a clairement rien à foutre et qu'on a surtout rien demandé.

    Le fait que la plupart tu temps quand tu es seule quelque part, tu sois obligée de te méfier de TOUS les mecs qui s'approchent un peu trop, y compris ceux en qui tu as confiance, de peur d'être agressée, lui en touche une sans faire bouger l'autre. Il n'a même pas l'air de comprendre.

    Pour mon collègue, si on se méfie de tous les hommes et qu'on les empêche de "nouer contact", alors ça pénalise les garçons gentils qui se « comportent bien » (mais aborder une femme dans la rue pour la draguer, est-ce vraiment un bon comportement ?!), sans aucune considération pour tous les gros relous qu'il faut supporter, notons.

    L'éternelle ritournelle de « oui mais les gentils... » en mode #notallmen.
    Sauf que non. Y'a pas de gentils qui tienne. Parce que, mec, c'est un "gentil" garagiste qui a cru instructif de m'agresser sexuellement la dernière fois hein. C'est un "gentil" garçon qui a cru bon de me forcer à lui faire une fellation "pour voir" si j'allais vraiment le faire. C'est un "gentil" garçon qui a cru bon de me dire à mon réveil que j'étais jolie quand je dormais (#creepy).

    Ton image du "mec gentil", elle est totalement fictive collègue. Ton Jean-Gonzague sorti de ta grande école de commerce et ton Lucas ne sont pas plus gentils ni plus safe que ton stéréotype du banlieusard ouvertement macho.

    Les mecs "gentils" sont peut-être les pires à redouter, parce qu'ils ne se rendent même pas compte de ce qu'ils font.
    Et ne réaliseront peut-être jamais parce qu'ils se considèrent juste au-dessus des clichés du "mec pas recommandable", parce qu'ils n'ont pas « vraiment » forcé davantage, parce qu'ils n'ont pas insisté (dans leur infinie bonté), parce qu'un baiser volé c'est « romantique » (spoiler : c'est une agression sexuelle), parce que « ça partait d'une bonne intention » ou que sais-je encore.


    Men.
    Are.
    Trash.

    Remettez-vous en question bordel.
    Essayez d'imaginer autre chose que votre propre cas.
    Les problèmes des autres gens par exemple, notamment ceux qui ne font pas partie de vos catégories sociales.

    Et les femmes ne vous doivent RIEN. Elles n'ont pas d'obligation à être gentilles, à s'occuper de vous (on jour, on reparlera de l'injonction au care ici), à vous « laisser une chance » ni quoi que ce soit de ce genre. Il est beaucoup plus probable que vous soyez le énième mec imbu de lui-même à vous penser tellement exceptionnel qu'il faut que vous l'abordiez après l'avoir uniquement jugée sur son physique que l'homme de sa vie (elle est assez intelligente pour trouver chaussure à son pieds elle-même).

    Et éduquez vos mômes au consentement.
    Ça fera un meilleur monde pour tout le monde.

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  • Bonjour bonjour !

    Il me passe une quantité astronomique de pensées et de réflexion en tête, pourtant, ce blog est relativement peu alimenté sur les sujets qui me tiennent le plus à coeur. Je n'avais pas ce problème quand j'ai commencé ce blog et durant les deux premières années. Pourquoi ?

    Au fur et à mesure de mon parcours, j'ai intégré des milieux de plus en plus « réduits » : d'une masse de gens grouillant en Licence de biologie (ce qui concerne un certain nombre de pékins, on en conviendra), je suis passée à un Master peu répandu où la promo tient en une vingtaine de personnes. Tout de suite, tu deviens nettement plus identifiable : plus difficile de parler ici de choses trop personnelles concernant ce qu'il se passe dans ton parcours (même si ça pourrait en aider plus d'un/une) par exemple, toujours un peu compliqué de le faire ensuite même si ce serait un bon catgarsis. Ensuite, dans le milieu pro, ben... pour le moment, je suis « la » Française (même si en vrai y'en a plusieurs), celle qui a un Master de bio et qu'on sait pas trop pourquoi elle vient faire ce job « ingrat » (même si à mes yeux, il n'y a point de sot métier...) ni même pourquoi, par moment très maladroite et mal à l'aise et dans d'autres tâches hyper efficace et comme un poisson dans l'eau.

    To speak. Or not to speak.
    La discrétion.

     

    Par exemple, ce que j'aimerais aborder :

    • le végétarisme
    • le système postal en Belgique (et la surconsommation)
    • Men are trash
    • toutes ces situations où je suis super mal à l'aise au travail à cause des relents sexistes (ou du sexisme tout court) d'un certain nombre de mes collègues
    • l'entre-soi
    • les valeurs
    • les pensées obsessionnelles
    • les mauvais arguments (ou comment des arguments scientifiquement invalides peuvent avoir davantage de poids que des raisons logiques et cohérentes)
    • les préjugés sur le handicap mental, ou les particularités psychiques / psychologiques
    • ce que ça fait d'avoir fait l'école à la maison, 7 ans après être passé(e) à autre chose (et le retour qu'on en a)
    • les gens, les gens, les gens, les gens, les gens, LES GENS

     

    Le problème étant principalement que certaines personnes que j'évoquerais seraient facilement identifiables (il est donc plus long de tourner un billet de manière à ce qu'elles ne le soient pas) et qu'il est aussi mal vu de parler de certaines situations (dépression, harcèlement moral), parce que c'est encore (à tort) vu comme de la fragilité, de la faiblesse, de la victimisation ou les trois.

    Des fois, je me demande si je ne devrais pas écrire ailleurs. Sous un autre pseudonyme. Sauf que : étant un tout, je ne me vois pas passer sous silence certains pans entiers de ma personnalité que je trouve importants. Tout comme, quand je discute avec des gens, je ne cache pas avoir fait l'école à la maison, m'être éclatée en bio, vouloir y retourner un jour, aimer les animaux, m'intéresser aux questions sociales, aux relations humaines, à la psychologie sociale, à la psychiatrie, contribuer à Wikipédia, me questionner sur l'éthique animale, chercher comment les choses fonctionnent, voyager avec une peluche, bref, être moi.

    Je suis aussi très attachée à ce blog. Même si actuellement, il ne me reflète pas (plus) comme je suis, ce que je regrette. Je cherche une manière de pouvoir m'y exprimer, sans me censurer, sans avoir à me dire « tu en dis trop, attention, si jamais un employeur un peu trop conformiste tombe dessus, c'est cuit ». Des fois, j'aimerais bien « archiver » tout un pan du blog (mais j'ai peut-être trouvé le moyen), pour le scinder en deux : mes études direct-post-école à la maison, ma découverte du monde universitaire et le fait de vivre seule, dans un coin plus discret, et la suite, plus dans le questionnement, plus actuelle.

    À suivre...

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  • Les gens !

    (enfin, les derniers gens vaillants restés à lire ce blog)

    Grande nouvelle !
    J'achète des livres !!!

    Ça veut dire quoi ?

    Ça veut dire que je travaille ! Enfin !

    Congratulations! First Belgian achievement unlocked.

    Depuis que je suis arrivée en Belgique, j'ai fait certains trucs : cours de langue, MOOCs, un petit peu de tourisme, le tout sur fond de recherche d'emploi (plutôt démoralisante) qui a également basculé en phase d'économies extrêmes il y a quelques mois (i.e. je suis financièrement ruinée). Le tout (l'attente, les sous, l'absence de réponse) ayant entraîné des bas moraux parfois assez costauds.

    Et ce que j'avais plus ou moins prévu est arrivé : une entreprise pour laquelle j'avais passé avec succès un entretien l'année dernière et après laquelle je commençais à ne plus espérer m'a rappelée (... soit neuf mois plus tard. Oui). Finalement, mon tout premier entretien d'embauche qui était passé comme une lettre à la poste aura été le bon ! Ne pas chercher à comprendre. Maintenant, j'ai du travail !

    Congratulations! First Belgian achievement unlocked.

    Et ça change quoi concrètement ?
    Tout !
    (ou presque)

    • J'ai (enfin) un emploi du temps régulier qui me maintient l'esprit occupé, même si je travaille en shift en finissant tard la nuit (ou plutôt, tôt le matin on va dire). Mais bon, tant qu'on est jeune c'est plus facile à supporter alors autant avoir un rythme décalé maintenant !
    • J'ai (enfin) des relations sociales. De qualité et de niveau extrêmement variables, certes, mais des relations sociales !
    • Je suis dans un environnement nouveau ! Malgré le stress intense du premier jour, finalement tout s'est bien passé, les gens sont globalement encourageants et les tâches bien que physiques sont variées !
    • J'ai appris et je continue d'apprendre plein de choses nouvelles ! Au fil de mes affectations du jour, je complète petit à petit une cartographie mentale de toutes les étapes nécessaires à un processus dont on ignore généralement tout du déroulement (vous savez, le genre de travail de fourmi absolument central auquel on ne pense pas quand on commande des trucs en ligne et qui permet pourtant à nos colis d'arriver dans des délais raisonnables !). Et j'aime les procédures. Donc c'est cool !

     

    Effet secondaire bigrement positif au fait de travailler, j'ai de l'argent maintenant !

    • Je peux rembourser mes dettes ! Notamment mes loyers en retard auprès de ma coloc compréhensive qui ne s'est jamais plaint de mes "retards de paiement"...
    • Je peux sortir ! Fini de calculer le nombre de km que je vais pouvoir caser dans un plein, et d'éviter les sections à péage des autoroutes par manque de sous ! À moi les musées et les visites de temps en temps ! Je vais enfin pouvoir visiter le musée des égouts et pousser la route jusqu'au musée de la carotte !
    • Je peux ENFIN m'acheter de la bouffe française et revenir faire des courses exprès pour acheter cidre, pain et brioche ! (on parle beaucoup du tourisme médical mais peu du tourisme économique-gastronomique)
    • Last but not least, je peux m'acheter des livres !!!
      (et en offrir aussi)

    Et pas du tout accessoirement, je vais bientôt passer en phase d'économie afin d'épargner pour mes projets futurs !

    Congratulations! First Belgian achievement unlocked.

    Congratulations! First Belgian achievement unlocked.J'ai beau ne pas rouler sur l'or ou gagner des mille et des cents, mais j'ai l'impression de nager dans le luxe. Rendez-vous compte. Je peux m'acheter des livres. DES LIVRES.

    Que demande le peuple ?

     

    (enfin si, le peuple demande un contrat à durée indéterminée MAIS BON ça c'est le prochain level à débloquer)

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  • Il y a quelque chose qui m'agace particulièrement autant dans la « vraie vie » que sur l'internet (mais qui a dit qu'internet c'était pas la vraie vie aussi, d'abord ?) : les mauvais arguments avancés pour justifier d'une opinion ou d'une action à propos d'un sujet sérieux.

    Genre, si tu me dis que tu préfères Toy Story à Kuzco, ça passe. C'est pas si grave, ça concerne que toi, tu vois ?
    Mais si tu commence à jaser et me dire que l'homéopathie c'est bien parce que quand même, depuis qu'elle en a pris tante Georgette a plus de psoriasis, ou que tu me dises que je devrais éviter de courir seule en forêt parce qu'il pourrait y avoir un agresseur pervers*, il y a de fortes chances que je monte dans les tours intérieurement.

    « Vérités et conséquences » (à prononcer avec un accent québécois, parce que ça rend meilleur)

    Et ça, clairement, c'est l'effet que ça me fait.

    Qu'est-ce qu'un mauvais argument ? Il y en a plein, mais là, je pense notamment aux arguments basés sur son affect, sur l'émotion (de l'émetteur ou du receveur). Il n'y a rien de pire qu'un débat qui devient trop émotif, parce que c'est la porte ouverte à tous les excès (le pire ? c'est que ça marche. Regardez la politique).
    Pour moi, utiliser les ficelles de l'émotion pour influencer, c'est employer des arguments fallacieux et tronqués. Quand bien même quand ils seraient exprimés pour servir quelque chose de bien à la base.

    Bref, quand je lis ou que j'écoute quelque chose, ce n'est pas l'appel ou plutôt de pseudo-argument qui va me faire changer d'avis. Pire : ça aura presque l'effet inverse, car une position qui nécessite d'être défendue par de l'émotion, je trouve ça louche. Est-ce que ça voudrait donc dire que la personne n'a rien de mieux à faire valoir pour défendre son opinion ? Ça n'augure rien de bon...

    J'aime les arguments réfléchis, raisonnés et rationnels. Pourquoi ? Parce que ça se pèse et se soupèse, tu peux les comparer, vérifier leurs bases, si c'est honnête. Tu peux vérifier si la logique derrière est plutôt correcte, et si tu trouves ça juste (détail important). Et après tu décides si ça vaut le coup ou non.

    Maintenant, dans la (vraie) vie, y'a les réseaux sociaux (et les repas de famille, mais ceci est une autre question).

    Quand tu passes sur les réseaux sociaux, et que tu vois ce que les gens peuvent avancer comme conneries, il y a carrément de quoi avoir envie de se pendre (ou d'ouvrir une école obligatoire pour nettoyer tous ces cerveaux dégénérés de bêtise).

    Deux exemples qui sont passés sur mon mur Facebook :

    « Vérités et conséquences » (à prononcer avec un accent québécois, parce que ça rend meilleur)
    Tu le vois, le truc qui va jouer sur la culpabilisation ?
    (et tu le vois, le truc très humano-centré ?)

    « Vérités et conséquences » (à prononcer avec un accent québécois, parce que ça rend meilleur)
    Et là, OUHLALA, on est sur du high level de bullshit bien corsé de base, je t'aurais
    volontiers pété un anévrisme si j'avais pas arrêté de rouler des yeux à temps.
    (et je te dis pas comment je l'ai démonté en trois-quatre-deux)

    Dans ces moments-là, je suis un peu comme ça :

    « Vérités et conséquences » (à prononcer avec un accent québécois, parce que ça rend meilleur)
    Quand tu es sur les réseaux sociaux et que tu lis des choses pareilles.

     

    Pourquoi les gens ne peuvent-ils donc pas utiliser des arguments réfléchis, raisonnés, rationnels, quand ils parlent de choses sérieuses et importantes ? N'est-ce pas là où justement on a besoin d'honnêteté ? L'émotion (comme la peur) et l'affect ne devraient être qu'accessoires, et ne pas entièrement guider la réflexion...

    En gros, j'ai écrit tout ce truc pour dire que j'ai trouvé un truc cool hier matin qui illustre un peu ça.

    Cet humoriste québécois (↓) fait des capsules de quelques minutes sur des sujets comme les commentaires sur internet, le salaire minimum, pour les décortiquer et distinguer le vrai du faux, à l'aide d'argument raisonnés, réfléchis et basés sur des faits. Et non, c'est pas rasoir. Je l'ai découvert avec cette vidéo sur le terrorisme (non, tu ne mourras pas du terrorisme) et puis je suis tombée sur ses autres capsules.
    (il a aussi un syndrome d'Asperger, en passant)

    Bref, j'adore.                 (<===== ATTENTION ceci est un argument émotionnel !!!)

    Au passage, j'ai beaucoup aimé (pour plein de raisons non développées ici) son interview à Tout le monde en parle en 2016 :

     

    -----

    *j'ai statistiquement beaucoup plus de risque d'être violée agressée sexuellement par mon conjoint que par un gars random dans la rue ou la forêt en faisant mon jogging. Bisous.

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  • Je crois qu'il y a un truc dont je n'ai jamais parlé ici, et qui pourtant m'intéresse énormément : les langues étrangères.

    Je fais partie des gens classiques ayant fait anglais-espagnol jusqu'au bac. À distance une majorité du temps, en free style niveau lycée (où, soyons honnêtes, j'ai pas tant bossé les langues que ça mais chut, mes parents sont pas au courant).

    D'ailleurs, j'ai toujours plutôt bien aimé. En 5ème, ma prof aux cours Valin s'appelait Madame Bonhomme et elle me corrigeait en violet (et l'anglais, c'est violet), et c'est elle qui a su m'expliquer correctement la différence entre le preterit et le preterit progressif et l'utilisation des temps du passé grâce à une espèce de frise chronologique - du génie même si apparemment je me plante encore régulièrement quand je n'ai pas le temps de réfléchir.

    Bon, pourtant, j'ai ensuite beaucoup plus vite progressé en espagnol débuté en 4ème et que j'ai appris la majorité du temps sans prof. La sonorité, la couleur de la langue, la proximité subjective, l'image que ça me transmettait (soleiiiiiil, tomates, olives vs. rain, umbrella et kitchen) étaient beaucoup plus motivantes que pour l'anglais, dont les sons demeuraient un mystère à distinguer et la prononciation un espèce de violet cacateux (mais bon, les examens se déroulant à l'écrit jusqu'au bac, ce n'était pas un problème en soi).

    Malgré mon petit 17 en anglais au brevet, le passage de cette langue de LV1 à LV2 au profit de l'espagnol pour le bac, je n'ai RIEN compris au texte anglais de l'épreuve du bac. Rien. Du coup, j'ai eu 11, versus mon petit 14 en espagnol dont j'étais toute fière vu que j'avais vraiment appris cette langue toute seule sans aide.

     

    Et puis à la fac, il y a eu l'anglais (obligatoire). Bon, franchement, ça allait, j'étais au niveau.
    Et il a fallu parler.
    Mouahahah.

    Alors si en tant que Français, on n'est pas doués de base en langue parce que pas assez imprégnés (l'exceptiôôôôôn culturelle, toussa toussa), sachez qu'en faisant l'école à la maison et en choisissant consciemment de ne pas écouter d'anglais (parce que oui, c'était tout à fait conscient parce que ça me faisait chier), on améliore évidemment pas son sort. Une fois en société, paie ton complexe de français-qui-parle-anglais × 1 000 malgré ton égo intérieur surdimensionné.

    Bref, mon niveau en anglais était plus bon tant que ça restait écrit. Quand on passait à l'oral ou même seulement à l'écoute (mais si, vous savez, ces vidéos qui parlent de micro-ondes, et qui sont CENSÉES être intéressantes pour un extra-terrestre là), ma balise de survie avec géolocalisation était allumée pour qu'on puisse me retrouver sous les deux mètres cinquante d'anglais tombés en flocons à la fin du cours.

    Écouter régulièrement de l'anglais ? Bof, franchement, se coltiner une demi-heure de BBC à laquelle on comprend rien chaque jour, mon esprit a vite fait de se concentrer sur autre chose (ou de s'énerver tout seul, au choix).

    Regarder des séries en VOST ? Oui mais bon, après l'avoir fait (merci les sites de streaming totalement illégaux), c'est pas si magique et si rapide que ça non plus. Et puis mes Disney et mes séries d'enfance, PAS TOUCHE ils restent en français. Faut pas déconner avec mon enfance quand même, il y a des choses sérieuses auxquelles on n'a pas le droit de toucher.

    Bref, pendant fort longtemps, j'ai un peu coché au hasard mes QCM d'exercices de listening d'anglais pendant mes semestres de fac, un peu fataliste.

    Déjà, j'ai vraiment débuté à lire l'anglais par besoin régulièrement qu'en L3, quand on nous a demandé de commencer à lire des articles scientifiques. Franchement, les publications de virologie et de parasito super pointues en anglais, c'était hard (spéciale dédicace au tripanosome).
    Mais c'est en Master 1 quand j'ai travaillé sur les piétons qu'un déclic s'est vraiment fait, quand on m'a envoyé une liste d'articles à déblayer sur mon sujet. Et vous savez quoi ? Ben c'était le fun ! C'était long, c'était pas toujours facile, j'y passais une certaine partie de mes soirées à mon bureau (mais j'avais pas internet, donc ça occupait), mais c'est vraiment là que je me suis imprégnée et que j'ai acquis tout le vocabulaire vraiment courant des articles scientifiques, alors que ma grande frustration était alors d'être bloquée dans mon expression écrite par mon vocabulaire limité. Bon en parallèle, je regardais quand même mes séries en VOST depuis la L2 (l'avantage de se caler sur les sorties de séries américaines) et j'ai développé la satanée manie d'avoir besoin de lire au moins une fois les paroles des chansons que j'écoute en anglais, soit 95 % de la musique que j'écoute. Il y a peut-être eu une petite imprégnation, mais bon... ça reste toujours très insatisfaisant. 

    Qu'est-ce que ça donne aujourd'hui ?

    Je suis tout à fait capable d'exprimer ma pensée en anglais à l'écrit. Pour l'écoute, j'ai l'impression d'avoir fait un énorme bond en avant de mon point de vue : je peux écouter et comprendre des conversations en anglais, et aussi des vidéos en anglais. Certes, sur des thèmes qui m'intéressent, quand l'accent est pas trop british et qu'on ne parle pas trop vite (ça fait beaucoup), mais par rapport au gros vomis que je percevais il n'y a que deux ou trois ans, la différence est pour moi immense.


    Il y a 2 ans, je n'aurais pas pu comprendre une telle vidéo.

    Le truc qui me chagrine toujours pourtant, c'est l'oral. Quand je parle, lorsque ma phrase s'élabore devant mes yeux à l'instant où je parle (comme en français), la plupart des mots en anglais apparaissent mais accompagnés de 2, 3 ou 4 prononciations possibles parmi lesquelles je dois choisir en très peu de temps (#stress). Et forcément, quand bien même je suis vraiment certaine d'avoir la bonne prononciation (dans ma tête), ce qui sort de ma bouche est totalement différent (#frustration). 

    On a beau m'avoir dit très récemment que mon anglais (oral) était bon (mais : politesse ou constatation réelle ? mmmh), il n'en demeure que cela reste un véritable complexe. Pour éviter de vivre une sorte de talk of shame qui restera à jamais dans les mémoires, j'évite viscéralement de parler anglais en présence de francophones (c'est ridicule, mais c'est pour moi comme une stratégie de survie). Enfin, non, soyons réalistes : en présence de francophones que je connais, que j'estime ou que j'aurais peur de décevoir parce qu'ils sont probablement meilleurs que moi (#regarddesautres #lejugementfrançais). La perspective de me dire qu'on se souviendra pour toujours de cet épisode où j'ai fait l'effort de parler anglais, alors que c'est vraiment quelque chose d'inconfortable (on est très largement hors de ma zone de confort), et le fait de penser qu'on se moquera de moi pour ça de manière éternelle, ça me hante littéralement.

    Tongue tied (1/2)
    Ça, c'est moi pour de vrai quand quelqu'un que je connais me dit que je vais
    enfin » <-- avec la petite satisfaction dans la voix) 
    devoir parler anglais en sa présence.
    (avant d'élaborer toutes sortes de stratégies pour que la situation ne se produise pas)


    Grosso modo, je pense que pour le moment, le seul moyen de a) me débarrasser de mon complexe et dans un second temps b) choper un meilleur accent, ce serait 1) d'évoluer dans un environnement tout neuf (la Belgique restant un environnement tout neuf puisque je n'y ai qu'une seule relation sociale régulière - et oui promis, je ne compte pas les animaux#teampasd'amis) pour 2) prendre confiance (en l'idée d'être capable de transmettre ses idées, pas se persuader je ferai un jour du sans faute ce qui ne sera jamais le cas, mais je me suis faite à l'idée déjà) et 3) finir en immersion seule plusieurs semaines pour vraiment s'imprégner. 

    En vrai, avant de partir en Belgique, je m'étais dit que je me réservais un coussin de 800 € pour que si mon projet fonctionne pas, je me casse une certaine durée dans un pays anglophone pour me noyer m'immerger. Bon, sauf que là, j'ai clairement pas envie de lâcher le morceau (je vous ai parlé de toutes mes lettres de candidature qui ont l'air de disparaître dans une faille spatio-temporelle tellement le seul retour que j'en ai est un silence assourdissant ?) et j'ai même plus les 800 €. Dooooonc, moyens détournés, toussa toussa, je garde l'idée dans un coin de ma tête, et je me dis qu'une mise en oeuvre plus adaptée serait plus judicieuse. Et que peut-être, l'avenir fera bien les choses aussi.
    Wait and see.

     

    Dans le prochain billet à thématique « langue étrangère », je vous parlerai du néerlandais (want ik spreek en ik schrijf un beetje Nederlands maar dat is niet zo makkelijk te spreeken), au contexte d'apprentissage tout différent.

     

    À noter : Si je relis mon sujet du bac d'anglais LV2 aujourd'hui, je comprends globalement l'idée mais sans plus. Ça a juste l'air plat et assez insipide. J'en déduis que bon, le texte doit donc être un peu merdique de base alors.

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