• À la clinique #6 L'homme au comptoir

    Comme il est rarement de coutume, l'accueil de la clinique s'est (très momentanément) totalement désempli.
    Les assistantes en profitent donc pour boire leur café (froid depuis le temps qu'il les attend) de l'autre côté dans la pharmacie (là où moi j'emprunte des revues d'ASV et de vétos pour les lire et reposer mes petits petons de temps à autres :P).

    Une assistante a entendu la sonnerie de la porte retentir, indiquant un passage, va voir et s'en revient :

    « Il y a un type au comptoir, avec un Bouvier bernois. Il veut le faire piquer parce qu'il a mordu deux fois le gamin et que la femme veut plus du chien1.

    (une autre) ... Aïe. Il a quel âge le chien ? Et quand est-ce qu'il a mordu pour la dernière fois ? Si c'était il y a moins de 15 jours, on peut pas, il faut faire un suivi chien mordeur avec 3 visites2.

    (encore une autre) Demande-lui bien quand le chien a mordu pour la dernière fois hein. Ne lui dis pas tout de suite que le délai c'est 15 jours, sinon, il va dire donner un délai plus long hein...

    (la première) Oui bien sûr, je lui demande ça.

    (une des autres) ... Alors ?

    (la première) Il a 6 ans et il a mordu l'enfant hier pour la dernière fois. Quand je lui ai dit que ce n'était pas possible d'euthanasier son chien, le monsieur s'est effondré au comptoir en pleurant. »

    1. Variante : Il veut faire piquer son chien parce qu'il a mordu l'enfant, et que la femme est parti avec les gosses en attendant qu'il se soit débarrassé du chien.
    Il vient faire euthanasier son chien parce que le bébé s'est approché de la gamelle et que le chien, un dogue argentin, l'a pincé/mordu.

    2. Après la déclaration (obligatoire) de morsure, le chien est mis en surveillance 15 jours au cours desquels il ne peut pas être euthanasié, pour vérifier qu'il n'est pas atteint par la rage, et il subit également trois évaluations comportementales, effectuées par le même vétérinaire sanitaire. (Législation sur les chiens mordeurs)

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  • Commentaires

    1
    Laura:
    Samedi 24 Août 2013 à 17:40

    Pauvre chien. Je ne savais pas pour la législation, c'est plutôt une bonne chose, car du coup si le chien s'avère très bien dans sa tête il n'est pas euthanasié ? Ca fait partie des nouvelles lois avec les évaluations comportementales ?

    L'autre jour, mon père attendait au comptoir du cabinet vétérinaire pour acheter un médicament et il entend la secrétaire expliquer au vétérinaire (c'était celui qui remplace pendant les vacances) qu'une dame a appelé pour faire avorter sa chatte a 1 mois de gestation (et ne voulait pas la faire stériliser !). Le vétérinaire disait que c'était trop risqué de faire ça, et que de toute façon il était également hors de question qu'il euthanasie les petits une fois qu'ils seront nés. Hélas, à la campagne les gens n'hésitent pas à noyer les chatons à la naissance (j'ai des frissons rien que de l'écrire...) et je crains que ça sera le sort de ceux là.

    2
    -Anne- Profil de -Anne-
    Samedi 24 Août 2013 à 18:39

    Ça dépend vraiment des gens, même si le chien s'avère finalement bien dans sa tête.
    La législation telle qu'elle est faite empêche seulement l'euthanasie de l'animal dans les 15 jours qui suivent la morsure. À l'issue de ce délai, un propriétaire peut très bien demander l'euthanasie de l'animal malgré tout (comme pour le dogue argentin dont il est question en fin de billet).
    Le vétérinaire n'est pas non plus obligé d'accepter (si l'animal est en bonne santé, d'un point de vue éthique, ça se discute...), mais il y a fort à parier que si c'est un refus qui est donné, le propriétaire ira consulter les autres vétérinaires de la région jusqu'à en trouver un qui consente à endormir définitivement l'animal...

    Ce que tu raconte sur le refus de stérilisation par cette dame m'étonne à peine. C'est pourtant totalement illogique de laisser un animal non stérilisé, si on n'entend pas lui faire de portée de toute sa vie (en dehors de toute considération végane j'entends ;-) ).
    À la clinique, il y a une chienne qui revient quasiment chaque année pour un avortement : quel est l'intérêt, tant du point de vue de la santé de l'animal (réduction risque tumeurs mammaires, pyomètres etc. -> – de soins dont on se serait bien passé plus tard), que pécunier pour les propriétaires ?
    Malheureusement, les idées reçues sur la stérilisation ont la vie dure...

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