• Ceci est un brouillon immonde d'une infime partie du dedans de ma tête dans le désordre et le bazar le plus complet.
    Avec probablement de la contradiction dedans.
    Voilà.

    Les annotations sont importantes. Une fois lues, cliquer sur « Précédent » du navigateur.

     

    Je suis persuadée d’une chose[1] : si on se permet de manger certains animaux plutôt que d’autres et de les exploiter[2], c’est parce qu’on ne les connaît pas assez bien[3].

    C’est un fait et loin d’être un scoop : les espèces qui nous sont très proches ne sont pas consommées, ni tuées, dans nos sociétés[4].

    Il semble y avoir une délimitation nette entre celles-ci et les autres. En effet, nous sommes, pour la majorité d’entre nous, capables de transposer certaines émotions simples (peur, attachement, joie…) sur les animaux qui sont les plus proches de nous au quotidien, souvent implantés au sein de nos foyers, comme les chiens et les chats[5], voire ceux qui sont reconnus très proches de nous, génétiquement parlant, comme les singes par exemple. Nous sommes capables d’empathie envers ces animaux comme nous pourrions l’être, ou presque, envers un autre être humain. Nous trouvons donc généralement inadmissible qu’ils soient maltraités, qu’on les fasse souffrir gratuitement ou que nous les mangions[6]. Parfois, nous nous imaginons ce qu’ils ressentent – quitte à sombrer dans l’anthropomorphisme le plus crasse et nuisible, nous éprouvons de l'amour ou de l'affection pour eux. À nos yeux, ils sont quelqu’un.

    Bizarrement, cette empathie semble être à géométrie variable en fait.

    Pourtant, assez souvent, les personnes les plus virulentes à l’égard de ceux qui maltraitent un chat, un chien[7] n'ont aucun souci à avoir un bon steak bien cuit dans leur assiette, à manger des œufs de poules, sans que ça ne leur pose de problème éthique ou qu’elles ne se posent de questions particulières[8].

    Mais pourquoi une telle différence de traitement entre les quelques espèces que nous caressons et les espèces dont nous consommons les productions ?
    Bizarrement, notre empathie semble bien être à géométrie variable en fait.

    Le choix des espèces que nous consommons ou non est totalement arbitraire et dénué de bon sens. D’une part, nous ne mangeons pas certaines espèces parce que nous considérons que nous n’en avons pas besoin : nous ne mangeons pas de chien, pas de chat, pas de singe par exemple, sans doute en raison de la proximité abordée plus haut. d'autre part, à ces espèces s’ajoutent d’autres (comme le cochon) qui ne sont pas consommées par certains groupes sociaux. Dans d’autres cultures, certains animaux que nous consommons ne le sont pas (le bœuf par une bonne partie de l’Inde par exemple). Le choix des espèces que nous mangeons ou dont nous consommons les produits est donc totalement subjectif, dépendant des époques, des cultures et de multiples caractéristiques sociales. Qu’est-ce qui justifie donc que nous consommions une espèce X alors que c’est une espèce qui ne l’est pas ailleurs ?

    En dehors de cette facette purement « culturelle », c’est plutôt le rapport plus personnel à l’animal qui m’interroge. Il n’est pas rare d’entendre dans la vie courante des (grands-)parents (ou des gens) dire à leurs enfants « Ce n’est qu’un poulet, ce n’est pas très intelligent de toute façon », « c’est qu’un poisson », « oui mais un chien c’est pas pareil en fait, c’est plus intelligent ». Leur infériorité[9], leur supposé degré moindre de conscience ou leur intelligence inférieure dans l’esprit populaire semblent être autant d’arguments (parmi des dizaines d’autres, certes) qui permettent de légitimer leur consommation, voire leur déconsidération, qui permettent d’écarter cette préoccupation de notre esprit.

    Et si nous les connaissions vraiment mal en fait ?

    Je suis arrivée en Master d’éthologie, j’avais déjà une certaine réflexion personnelle[10] sur les thématiques du végétarisme, du véganisme et du spécisme[11]. Mais quand même, j’avais toujours ce vague préjugé selon lequel un piaf (n’)était (qu’)un piaf par exemple. Vaguement consciente qu’aucune espèce est plus intelligente qu’une autre, mais quand même. Enfin vous savez bien. Un poulet c’est pas un chien. Je veux dire, vous comprenez, c’est même pas un mammifère quoi… C’est probablement intéressant, mais pas pour moi merci. Et puis j’ai redécouvert Alex, ses capacités langagières et sa conscience du sens simples des mots. Et puis les cailles. Et puis un cours survolé de bien-être animal en élevage. Et puis j’ai bossé pendant plusieurs mois avec des oiseaux, même si c’était un choix « de secours » parce que j’aurais préféré travailler avec des chevaux, des chiens ou des humains (parce que bon, un oiseau, vous comprenez…). Et finalement, par mon travail, j’ai découvert que ces piafs, ils avaient vraiment leur personnalité, vraiment leurs besoins sociaux, je les ai (trèèèèès longtemps TT) observés, j’ai eu des interactions pseudosociales[12] prolongées avec « mes » piafs, je les ai étudiés théoriquement aussi (le nombre d’articles scientifiques sur les piafs que je me suis paluchée…). Et j’ai aussi pu constater mon impuissance à faire bouger les autres humains pour améliorer leurs conditions de vie, malgré les alertes, et les conséquences que ça avait sur les animaux. De juste « piafs », ces étranges volatiles sont devenus des entités absolument réelles, uniques, pas juste des piafs comme les piafs en général, comme on dit « les gens ». De cette expérience (et d’autres), j’ai finalement appris qu’un piaf, bah non, c’était pas qu’un piaf (nan, je radote ?).
    Maintenant, je vois les oiseaux – tous les oiseaux - sous un autre jour, avec un regard absolument différent. En gros, je les ai « décatégorisés » de leur sous-classe et ils comptent autant que comptent d’autres animaux que je connais mieux.
    Pourquoi ? Parce que j’ai appris à les connaître.
    Or, le poulet dans mon assiette n’est pas très différent de ces étourneaux avec qui j’ai travaillé. Je ne mange pas l’étourneau, pourquoi mangerais-je donc ce poulet ? et le raisonnement tient avec les autres espèces.

    Avec mes études, notamment les deux dernières années, j’ai appris d’autres trucs[13], sur d’autres espèces, même si certaines notions ont été survolées, comme celles du bien-être animal en élevage[14]. Pour ne prendre qu'un exemple, savez-vous que les veaux dont nous mangeons la viande (blanche) sont intentionnellement anémiés ? En effet, le foin qui devrait être leur aliment de base est riche en fer. Or, le fer, ça se fixe sur l'hémoglobine. Or, l'hémoglobine, c'est rouge. Et le consommateur n'aime pas trop ça, le rouge (vous comprenez, ça rappelle le sang alors...). Qu'à cela ne tienne, on va juste ne pas leur donner leur alimentation naturelle et les carencer volontairement en fer, et le problème sera réglé, on aura de la belle viande blanche !

    Sur le plan de l'« intelligence » (il y aurait tellement à dire sur ce terme), qui sait qu’un poussin est capable de compter jusqu’à 5 dès sa naissance ? Que le poisson est capable de ressentir douleur et souffrance, sans compter que ses organes peuvent être endommagés par l’absence de paliers de décompression quand il est pêché par exemple ? Que le cochon a une vie sociale extrêmement riche, que c’est un besoin d’interagir avec des congénères comme nous avons le besoin d’avoir notre cercle social ? que multitude d’animaux d’élevage, jugés stupides, rabaissés, nous sont en fait extrêmement proches sous bien des aspects ?

    Je suis persuadée que la connaissance du comportement des espèces animales nous les rend plus familières. Elle rapproche les espèces socialement « lointaines » ou « invisibles » de nous, nous rend leur existence moins abstraite.

    Nous connaissons bien les chats, les chiens, nous sommes capables de dire ce dont ils sont capables ou incapables, de leur reconnaître une personnalité même sans en avoir personnellement côtoyé. Cela relève de la connaissance commune : nous les connaissons. Ils sont quelqu’un. Avec une conscience, une personnalité, un vécu. Certains croiseront le chemin d’un lapin domestique, et refusent ensuite d’en manger, tout comme d’autres, après avoir côtoyé des chevaux, refusent d’en manger. Pourquoi ?

    Quand apprendrons-nous enfin à connaître les animaux que nous avons dans nos assiettes ?

    « Apprends-moi un mouton »
    Et si ce veau n'était pas qu'un veau ?

     

     

    Bref, tout ça à la base c’était pour dire que je suivais un MOOC sur les poulets.
    Oui.
    TOUT ÇA (mal écrit, brouillon, qui sera sans doute réécrit autrement, remanié plus tard dans un autre billet mieux rédigé) pour ça.

     

     

    [1] À cet instant précis ; opinion soumise à conditions et évolution, non contractuelle. Il est également possible de trouver moins cher ailleurs et de ne pas vous rembourser la différence.

    [2] Si on est amateur ou amatrice de vocabulaire, le terme adéquat est donc spécisme.

    [3] Mon propos n’est pas ici de discuter de l’utilité de consommer de la viande ou non ; plutôt de s’interroger sur le pourquoi nous nous autorisons à consommer la production de certaines espèces et pas d’autres.

    [4] « Le facteur déterminant, c'est la distance, socialement construite, qui sépare les humains de certains animaux. Ceux que nous admettons dans notre environnement proche ne sauraient être tués ni mangés. Toutes les sociétés, sous des formes et à des degrés divers, pratiquent ce traitement différencié. Y compris celles des chasseurs-collecteurs [personnes vivant principalement de la chasse et de la cueillette], dont l'exemple est éclairant. » sur Le Monde

    [5] J’exclus volontairement tout ce qui est NAC : lapins, cochons d’inde… les conditions relatives à leur bien-être et l’importance de celui-ci étant encore souvent sous-estimées par bien des « maîtres » ou humains. Quant aux chevaux, je trouve que leur statut affectif est tellement variable que je les exclus également. Allez zou :-P !

    [6] Je parle d’un point de vue absolument occidentalo-centré et moderne. En d'autres mots : c'est une vision nombriliste :D.

    [7] Par exemple, il suffit de parcourir certaines pages de Facebook ou des journaux régionaux en réaction à des cas de maltraitance animale des déclarations d'amour du genre « il mérite ke de crever » balancé par votre voisine Sylvette qui vous offre des biscuits à chaque Noël... Une bonne raison pour perdre doublement foi en l'humanité en somme.

    [8] Pourtant, quand on se penche objectivement (voir plus loin) sur la question, des problèmes éthiques, ça en pose. Des TAS.

    [9] Aux animaux. Pas aux enfants. Du moins ici.

    [10] Non pas qu’elle ait été super avancée, et tout. Mais déjà, elle existait. Perso, je trouve que c'est pas négligeable.

    [11] Quelle chance d’avoir eu une correspondante végane pour me faire turbiner le cerveau.
    Même si ça n’a pas été suivi d’effets immédiatement, et que je suis toujours en devenir.

    [12] Une interaction sociale se caractérise par une interaction entre deux individus de la même espèce. Une interaction interspécifique (entre deux espèces différentes) est dite pseudosociale.

    [13] Il est tout à fait vrai de penser que même sans faire ces études, j’aurais pu être au courant de ces pratiques, et j’en connaissais certaines d’ailleurs. Mais voilà : « apprendre » une information de manière objective et neutre (comme ici, dans le cadre académique, lors d’un cours sur le sujet) a plus d’impact sur moi que voir passer des informations émanant de sources partisanes. En d’autres termes, pour modifier mon comportement ou ma pensée, une information apportée de manière rationnelle, neutre et objective a plus d’impact qu’une information émotionnelle et partisane.
    Même si c'est critiquable et que dans certains cas, une information objective (exemple bateau : dire que le réchauffement climatique existe peut être perçu par certains comme partisan).

    [14] Ne riez pas au fond. Je vous ai entendus.

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  • « Aucun animal n'a été maltraité durant ce tournage »Mais si, tout le monde le connaît, ce petit agrément, qui est délivré par l'AHA (Animal Human Association), une organisation à but non lucratif chargée de veiller à ce que les animaux soient bien traités lors des tournages, et qui est souvent visible dans les génériques de films américains comportant des scènes avec des animaux dressés.
    Parce que quand même. Voir des animaux à l'écran c'est bien, s'ils sont bien traités et que tout ce qui leur arrive de mal ne reste que la fiction, c'est mieux non :) ?

    Bon, en fait, c'est du bullshit total. (#Bisounours ?)

    Par exemple, qui sait que malgré cet agrément, 27 animaux  sont morts durant le tournage du Hobbit ? Des chevaux, des moutons et des chèvres. Mais comme ça ne s'est pas produit durant le tournage des scènes (vous saisissez ?), le film a eu le droit à sa petite mention « No Animals Were Harmed ».

    Dans L'Odyssée de Pi, le tigre qui incarnait Richard Parker quand les effets spéciaux n'étaient pas assez réalistes, a failli se noyer d'épuisement pendant le tournage. Fox a minimisé. Pour le premier opus de Pirates de Caraïbes, des poissons sont morts pendant 4 jours suite à des explosions sous-marines. Lors du tournage de Cheval de guerre de Spielberg, le cheval phare est mort, mais l'affaire a été étouffée. Sur le tournage d'une comédie romantique Playboy à saisir, un dresseur a lâché un chipmunk, lui a accidentellement marché dessus et l'a tué. Durant la réalisation du téléfilm semi-biographique Temple Grandin, une vache a été tuée. Sur le tournage d'Antartica, prisonniers du froid, un chien a été frappé à plusieurs reprises. Pour Le monde de Narnia, les chevaux employés étaient régulièrement retirés du tournage, parce que boiteux ou blessés. À un moment, 14 chevaux étaient simultanément mis hors service pour des raisons allant d'une blessure sur le nez à des douleurs au dos. Il existe aussi des films où les chevaux sont morts, à cause d'une collision avec une caméra, parce qu'ils se sont empalés, ou ont été blessés par leur harnachement. Lors du tournage de There will be blood, plusieurs cheveux sont morts, dont deux de coliques, alors que quelques jours auparavant, l'AHA avait reçu un message anonyme comme quoi le temps était chaud, sec, poussiéreux et venteux mais que les chevaux n'avaient pas à boire.

    Pourtant, quasiment tous ces films ont reçu l'agrément « No Animals Were Harmed », ou, à défaut, une mention au générique comme quoi l'AHA avait supervisé le tournage.

    « Aucun animal n'a été maltraité durant ce tournage »
    Aiiiiiie confiannnnnnnnce...

    Pourquoi ?

    En réalité, si les animaux sont blessés mais de manière pas trop grave, ou qu'ils le sont mais « pas de manière intentionnelle », en gros, ça passe. Ça peut donc couvrir donc toutes les négligences possibles, qui passent en « blessure non intentionnelle », même ayant entraîné la mort. De même, si les « incidents » se déroulent hors caméras, c'est-à-dire en dehors de la juridiction de l'AHA, pas de problème non plus. Le film peut alors mentionner au générique le fait qu'aucun animal n'a été maltraité ou blessé durant le tournage...

    Cet agrément est donc un joli foutage de gueule et en aucun cas une garantie réelle que les animaux aient été correctement « traités » hors du champ des caméras.

     

    Ce rapide billet fait suite à la lecture du très intéressant et très détaillé reportage (en anglais) de 2013 à lire sur le site d'Hollywood Reporters, qui aborde également le « pourquoi » et le « comment » on en est arrivés là (spoiler : entre autres parce que l'AHA est financée par l'industrie cinématographique).
    Bonne lecture aux courageux qui s'y lanceront, mais c'est vraiment intéressant !



    >> Résumé sur Big Browser pour les non anglophones
    >> Article sur Slate (traduit en français)

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    4 commentaires
  • Article long et insipide.
    Potentiellement retranformé dans les prochains jours.

    Désolée dès le titre, d'associer l'adjectif « belge » avec l'idée de « ubuesque ». C'est bas. Je sais. Mais le fait est que je suis en Belgique, et que c'est une histoire ubuesque.

    Pour la faire courte, je cherche actuellement un travail. Quoi comme travail ?
    Tout simplement, (presque) tout*, du moment que c'est à temps plein et pour une durée continue supérieure à quinze mois (et plus si affinités).
    Je suis motivée, j'ai déjà une expérience de plusieurs mois comme auxiliaire vétérinaire, ai de ce fait des compétences en vente / secrétariat / gestion de stocks / entretien / et suis donc polyvalente, j'ai beaucoup (et rapidement) appris directement sur le tas/terrain et (ou parce que ?) je dispose de capacités d'apprentissage dignes d'une véritable éponge, je peux parler anglais si on se formalise pas trop de mon accent et commence même à Nederlands spreken, tout en demandant pas plus haut que le minimum légal (si, si, je vous jure) (de la motivation et ça sans la ruine, que demande le peuple ?)**.

    Bon, pour le moment, malgré tout ça, je n'ai essuyé que des refus.

     

    Il y a un truc qui m'occupe (me soucie ?) parallèlement à ça : ma voiture.

    Sachez donc, que si vous partez résider dans un autre pays de l'Union européenne, il vous faudra réimmatriculer votre véhicule dans votre nouveau pays de résidence (si, si, c'est obligatoirement obligé). Et là, les ennuis commencent.

    Pour la faire courte, avant de pouvoir atteindre ce niveau cette étape, il faut savoir qu'en Belgique, à son arrivée dans une commune, pour tout séjour supérieur à trois mois, il faut se déclarer à la mairie (stadhuis). Celle-ci est censée vérifier votre adresse (véridique : ils envoient vraiment un agent de police sonner chez vous), ce qui vous permet d'être inscrit(e) dans les registres de la commune, puis (plus tard) d'avoir un numéro de registre national (un peu l'équivalent de notre numéro de sécu en France), et (le Graal), à terme, d'obtenir votre carte d'identité pour étrangers (eID), si vous avez eu un emploi.
    Un sésame électronique qui vous permet de faire pleiiiiin de formalités en ligne, et qui a limite, ici, plus de valeur que vos papiers d'origine (du moins, c'est l'impression que ça me donne).
    Par exemple : ouvrir un compte ? besoin de la carte d'identité pour étranger. Avoir le droit de stationner en ville à l'année ? besoin de la carte d'identité pour étranger. S'inscrire à des cours de langues délivrés par la commune / la province ? besoin de la carte d'identité pour étranger (mais en vrai, sur ce coup là, j'ai rusé).
    Ça, c'est juste pour la carte d'identité.

    Pour réimmatriculer une voiture, il faut également l'assurer auprès d'une assurance qui sévit en Belgique. Ça peut être une assurance étrangère disposant d'agences sur le territoire ou une assurance typiquement belge, peu importe, du moment qu'elle assure bien sur ce territoire et que la voiture est réimmatriculée. Et là, c'est tout un foin. Honnêtement, après avoir visité tout ce qui pouvait paraître être un site officiel du gouvernement belge, sur les procédure de réimmatriculation, de dédouanement, d'obligation par rapport aux assurances... il n'existe aucun page informative, aucun document, synthétisant la démarche à faire pour réimmatriculer et assurer un véhicule « usagé » en Belgique, ni, quand on apprend auprès de quel bureau se présenter, quelle en est l'adresse. Il faut consulter une multitude de pages différentes, parfois incomplètes (?), parfois discordantes (?), sur chacune des étapes, tout étant « explosé » sur différentes pages web qui n'appartiennent même pas au même site.
    Exemple : sur cette page, indiquant que la demande de vignette 705 peut se faire par internet, sans indiquer à quelle adresse envoyer le tout (ni renvoyer vers une page qui indiquerait l'adresse), indique de « Joindre les documents nécessaires » sans préciser lesquels ni sur la page, ni sur le formulaire à télécharger...
    Bref : c'est une impression de bazar total.

    Mais le problème, c'est que, ça a beau être l'espace Schengen et tout le toutim, il faut être sûr(e) de ne pas être assujettis à la TVA (détenant un véhicule « usagé », ce n'est heureusement pas mon cas).
    La première étape, est de partir à la quête d'un formulaire rose de demande d'immatriculation. D'après un site officiel belge (me demandez pas lequel, c'est tellement le bazar qu'une fois sur deux je retrouve pas mes petits), il peut être trouvé auprès d'une assurance, dans une agence de douane, ou de la DIV (département d'immatriculation des véhicules).
    Là encore, ça a l'air simple.
    Mais c'est juste une illusion.
    Une fois démêlé (c'est fastidieux, ça demande de prendre des notes et de faire des flèches dans tous les sens), ça donne un truc un peu comme ça :

    En tant que propriétaire d'un véhicule importé, il faut obligatoirement faire dédouaner son véhicule. Pour une somme normalement modique (genre 1 €), sous présentation d'un certificat de conformité européen (qu'il faut réclamer à son constructeur, et heureusement que je m'y suis prise très à l'avance parce que c'est looooong à obtenir (plus de 3 semaines) et cher (95 € pour ma Renault)), de la facture d'achat (je ne dispose que d'une attestation de cession, l'ayant acquise auprès d'un particulier...) et du certificat d'immatriculation, vous avez le droit (sous réserve de vous pointer aux bons horaires et uniquement le matin) de repartir avec une vignette, la vignette 705, collée sur votre précieux formulaire rose (sur lequel vous n'avez le droit à ni erreur ni rature). Encore faut il trouver ce bureau de douane. Parce que si vous creusez sur le site de SPF mobilité... J'ai mis deux jours à trouver la liste des agences sur le territoire belge. Pourtant, les recherches sur internet, ça me connaît...

    Ensuite, le tout et la preuve d'assurance doivent être présentées à la DIV et un bazar dont je n'ai pas encore saisi toute la subtilité. N'étant pas encore passée à la douane, je ne sais pas si tout ceci ne se passe qu'en Théorie et s'il y a une grande différence avec la pratique...

    À ceci il faut ajouter que je dois parallèlement changer d'assurance. En effet, mon assurance française refuse de m'assurer si j'habite à l'étranger. Je dois donc faire la démarche avec résiliation anticipée pour cas de force majeure : déménagement, et en trouver une ici. Le tout dans les bons délais pour rester réglo par rapport à l'assurance française. S'il n'y avait que ça...

    N'étant pas satisfaite par les devis sur internet (because ma voiture rentre pas dans les cases - genre une GPL/LPG-essence inconnue des registres pour ce modèle de cette marque là – alors qu'on est bien d'accord que ma voiture elle existe hein) et souhaitant avoir affaire à des francophones (hors de question que je signe un contrat en néerlandais sans rien y comprendre) je me suis rendue à Bruxelles (à prononcer Brussel au fait, ça a l'air d'être un sujet sensible ici).

    J'arrive à la première assurance, conseillère sympa, tarifs intéressants (bon, pour les jeunes conducteurs ça reste du vol, mais si on se place dans une bonne perspective, ça pourrait être pire), conseils pour clarifier dans quel sens sont à effectuer les procédures de réimmatriculation, il fait beau et chaud, je suis arrivée avant une queue (en belge : une file) qui s'est formée pendant qu'on faisait mon devis, bref, parfait. Bon, la conseillère me dit que ce n'est pas elle qui va me donner le formulaire, mais le bureau de douane... Bon, pourquoi pas, mais je note que le site internet de SPF Mobilité me disait qu'il fallait se pointer à la douane avec le formulaire rose.
    Bon. Soit. On verra bien.
    C'est encore une belle journée.

    SAUF QUE.

    Pour payer mensuellement et non annuellement (= éviter de pleurer des larmes de sang par tous ses orifices ou se faire direct un hara-kiri), il faut un compte bancaire belge.

    (Je passe sur la seconde assurance que je suis allée voir, plus chère (enfin, moins chère mais avec moins de garanties), où j'ai plus eu l'impression de déranger qu'autre chose et où la conseillère était bien avare en conseils concernant la réimmatriculation)

    Du coup, je me suis dit que pour gagner du temps, j'allais ouvrir un compte dans une banque belge dans la foulée. Et c'est parti.

    Déjà, ça commençait un petit peu mal : la banque sur lequel mon dévolu était censé être jeté semblait fermée. Ou pour être plus exacte : j'ai pas trouvé l'entrée. Oui. Bon. Ça va. Ça peut arriver à tout le monde. Il faisait chaud (<- le rejet sur des causes extérieures se nomme en psychologie sociale l'erreur fondamentale d'attribution ; c'est une tendance humaine parfaitement normal normale), j'en avais plein les pattes et j'étais fatiguée. C'est avec un compatriote qu'on a trouvé l'entrée dans la rue de derrière (car deux cerveaux français valent bien un belge sur ce coup-là).

    J'arrive donc face au guichet, avant d'expliquer au guichetier que résidant désormais en Belgique et à la recherche d'un emploi, je souhaite ouvrir un compte. Le gars, fort occupé à discuter avec son collègue, va voir dans son armoire, en ressort une espèce de catalogue avec en couverture, le sommaire en fonction des pays d'Europe (en mode « l'ouverture de compte bancaire pour ressortissants de l'UE illustrée »), tout en m'annonçant que : « Ça risque d'être compliqué, parce que les formalités en France au niveau des banques en France sont toutes plus compliquées. » Toc, prends ça dans tes dents la frenchy.
    Il m'annonce alors que pour ouvrir un compte bancaire, il me faut présenter un contrat de travail.
    Ah, et mon numéro de FISC aussi.

    Un contrat de travail.

    *Incongruité de la situation*

    Sur ce, il me conseille d'aller plutôt voir du côté d'une banque concurrente plus loin et me dit au revoir.

    C'est en ressortant que je me remets à réfléchir : un contrat de travail ? Mais... comment fait-on pour ouvrir un compte si on est chômeur (mon cas) ? ou étudiant (pas de contrat de travail) ?

    Pour plusieurs raisons, j'ai finalement donc voulu tenter dans ma ville (néerlandophone, ayons le goût du risque !) avant d'apprendre qu'il fallait un rendez-vous pour ouvrir un compte. Retour à la case Belgian home du coup. Une fois rentrée, j'ai regardé la création de comptes en ligne, me disant que ce serait peut-être une solution plus rapide. Or, certaines banques, comme ING, demandent le numéro d'eID (carte d'identité belge) que je n'ai pas encore... À voir si demain, en allant directement en agence, il n'est pas possible de se dépatouiller sans et avec "seulement" un numéro de registre national...

    En attendant, je n'ai aucune certitude sur l'adresse de l'endroit où je dois me rendre demain matin money.

     

     beurk

     

     

    * Mais j'ai mes limites. Genre, la prostitution, ça a beau être légal ici, c'est pas mon truc. Un peu comme plongeur pour l'entretien des aquariums.
    ** Recruteur, surprends-moi. J'ai déjà un numéro de registre national.

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    2 commentaires
  • Manger de la viande éthique, est-ce vraiment possible ?


    Oui, mais pas n'importe comment, et cet excellent reportage le prouve :

    Il vous permettra enfin de clouer définitivement le bec aux extrémistes végétariens et végans qui vous entourent !

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  • Partie 0 - Ce qui va vous arriver
    Partie 1 - Quelques prérequis pour bien poser les bases : c'est quoi Wikipédia ?
    Partie 2 - Fonctionnement de Wikipédia : comment ça marche ?
    Partie 3 - Fonctionnement de Wikipédia : les bases de la contribution
    Partie 4 - Mais c'est qui un.e Wikipédien.ne ? Le portrait d'un.e Wikipédien.ne
    Partie 5 - Mais c'est comment un.e Wikipédien.ne ? La culture wikipédienne

     

     

    Associé au précédent, ce billet a pour but de montrer l'envers du décor concernant les gens qui contribuent à Wikipédia : qui sont-ils ?
    Le dernier articlep présentait le profil type « dans le civil » des wikipédien.ne.s. Cependant, il s'avère que comme au sein de n'importe quelle autre communauté, la communauté wikipédienne a développé un ensemble de

    Certains us et coutumes sont assez répandus chez une partie des wikipédien.ne.s, sans que cela ne revêtisse un quelconque caractère obligatoire.

     

    La PU

    La PU, ou « page utilisateur » désigne la page personnelle (mais publique) dont dispose tout.e contributeur.rice enregistré.e, et où cette personne peut dire qui elle est, et y présenter quelques caractéristiques personnelles, dans la mesure de ce qu’elle souhaite dévoiler : ses centres d’intérêt (les cochons d’inde, les pâtes, l’histoire, l’Inde, l’informatique, la sarcasme…), ses compétences (en langues étrangères, dans un domaine précis…), une éventuelle appartenance ou opinion (politique, religieuse, sociale…), son ancienneté sur le projet (nouveau, ancien), son implication éventuelle sur les projets de Wikipédia auxquels elles participe...

    Et pour cela, rien de tel que les boîtes utilisateurs ou « BU » : il en existe de milliers, dont la plupart sont classées ici.

    Assemblage de boîtes utilisateursQuelques BU.

    Placée en dehors de l'espace encyclopédique (là où sont publiés les articles), la PU est le seul espace un peu personnalisable dont on dispose. C’est donc un endroit dont beaucoup prennent grand soin.
    Les PU peuvent être très simples comme très chargées, très informatives ou beaucoup moins, certaines sont jolies, certaines sont presque poétiques, d’autres sont parfois touchantes, d’autres semblent étrangement nous ressembler, et personnellement, je me plais à croire que le style de la PU reflète un peu la personne qui l’a écrite.

    « Arrive-t-il parfois qu'on débarque sur la page d'un contributeur inscrit sur WP (la PU – Page d'Utilisateur – si vous préférez) et que subitement on se sente en symbiose ? Sans raison. Une illustration, quelques mots… Une émotion qui nait inopinément. Oh ! à gérer. Mais quel plaisir… »
    (PU de l’utilisatrice Égoïté)

    En plus de l’aspect « présentation », certaines personnes décident de faire partiellement ou entièrement de leur PU un endroit plus utilitaire, en s’en servant d’aide-mémoire wikipédien et en y plaçant des raccourcis vers des pages d'aides, de modèles...

     

    Les totems

    Culture wikipédienne ? Les wikipédien.ne.s - Be WP ! (5/5)Le totem est pour moi l’institution ultime. Bon ça tient surtout au fait que ça fait de moi un mignon dodo. Je vous explique. Le totem est une sorte de mascotte animale qui représente une « promotion » des nouveaux et nouvellesCulture wikipédienne ? Les wikipédien.ne.s - Be WP ! (5/5) arrivant.e.s wikipédien.ne.s de l’année. Pendant plusieurs années, les totems étaient choisis parmi des espèces animales disparues. Par exemple, l’année de mon arrivée (2009), ce fut l’année des dodosCulture wikipédienne ? Les wikipédien.ne.s - Be WP ! (5/5) (oui, je suis un FIER DODO s’il-vous-plaît), la suivante celle des grèbes roussâtres et celle d’avant des mégalocéros. Désormais, depuis 2011, la thématique est celle des créatures légendaires. Ainsi, les nouveaux et nouvelles de l’année 2016 sont des kitsune et ceux de 2015 des feux follets.

    Le totem de l’année est choisi après un vote comportant plusieurs suggestions. Et parfois, les discussions peuvent être rudes ! Ainsi, certain.e.s utilisateur.ice.s n’ont pas vraiment apprécié l’adoption du dodo en 2009… en témoigne cette discussion et cette BU que certains ont apposé sur leur PU « Je ne suis PAS un dodo ». Idem pour le Glyptodon en 2007.

     

    Le wikipédiholisme

    C’est un fait : contribuer à Wikipédia est fortement addictif. Certaines personnes développent même la compteurdédite. Pire,  chez d'autres, cela peut se muer en véritable obsession, le wikipédiholisme. Un test diagnostique existe.
    Vous êtes atteint.e ? Pour tenter de retrouver un soupçon de vie normale, une seule solution à employer d’urgence : le Wikipatch. Il peut éviter d'être contraint.e d'opter pour le wikislow voire le wikibreak. En attendant, il reste encore la wikiprière.
    Une chose importante : prenez soin de vous. Wikipédia a besoin de vous, oui, mais en forme !

     

    Les marronniers

    Les espaces communautaires de discussion de Wikipédia, et en particulier son Bistro (espace central <POV>quoiqu’un peu mourant et squatté par les mêmes personnes</POV>) génère parfois des discussions dont la thématique est récurrente. Wikipédia a donc ses propres marronniers (liste non exhaustive ici).

    En vrac, nous y trouvons : la féminisation des titres et des fonctions (exemple : Teresa May, Première ou Premier ministre ?), Wikidata (suppôt du mal vs. vous ne savez pas tout ce que Wikidata peut faire pour vous), la francisation des titres (« nous sommes francophooooooones » / « oui mais ce terme n’existe pas en français, alors flûte gardons le terme original et faites pas chier »), l’utilisation de caractères non latins (Tokyo ou Tōkyō ? depuis beaucoup de gens savent ce qu’est réellement un macron), le traitement des évènements de l’actualité (« trop récent, il n’y a pas de recul » / « oui mais vu l’ampleur, y en a déjà des tonnes va forcément y en avoir plus tard »), l’orthographe (avant ou après 1990 ? qui décide ? que faire quand quelqu’un décide de passer sur plein d’articles pour imposer l’un ou l’autre ?), l’accueil des nouveaux (« il faut prendre soin des nouveaux, ne pas leur laisser de message froid ou agressif » / « c’est une perte de temps, qu’ils commencent par faire plus d’efforts »), les contributions rémunérées (rares mais existantes, notamment quand des personnes payées par des entreprises interviennent sur des articles pour les « améliorer » à leur façon hum, hum…), faut-il parler de décès ou de mort d’une personne, convient-il de placer des avertissements de type spoiler dans les articles concernant des romans / films (« on ne va pas dévoiler l'intrigue à ceux qui n'ont pas encore vu le dernier épisode de Game of Thrones ! » / « non mais on va pas mettre un spoiler à Titanic ! ») ?…

    Ils ne reviennent pas tout le temps, mais il existe tout de même une certaine régularité. Des camps se forment parfois d’un côté ou de l’autre. Avec l’expérience, croyez-moi, on peut flairer qu’une simple question portant sur un sujet précis va très potentiellement se transformer en marronnier, et prendre des lignes et des lignes et des liiiignes de discussion... pour rien au final, puisque chacun.e restera campé.e sur ses positions et qu’aucun consensus ne sera trouvé. À celles et ceux qui ne veulent pas perdre de temps de s’en tenir éloigné.e… mais c'est fort amusant à voir de loin.

     

    Femme qui pointe du doigt et slogan I want you to show more wikilove - Licence CC 3.0, auteurs : Mikael Häggström, Kasuga~commonswiki, OtourlyLe wikilove, bordel !

    Le wikilove fait partie des recommandations associées au principe fondateur de savoir-vivre, et c'est une formule destinée à rappeler qu'il faut privilégier la discussion et la bienveillance au conflit stérile. L'application du wikilove inclut la cordialité, le fait de préférer la discussion et la négociation, de supposer la bonne foi, de s’abstenir de proférer des attaques personnelles, d'accueillir les nouveaux et nouvelles...

    Bref : le wikilove est une expression censée refléter l’esprit et l’attitude positifs que devraient adopter tous les contributeurs et contributrices pour faire avancer Wikipédia et en faire un endroit accueillant et ouvert.

     

    Les cabales et les wikirencontres

    Des rencontres plus ou moins régulières ont parfois lieu IRL (in real life = dans la vraie vie) entre contributeurs et contributrices. Elles ont souvent lieu entre personnes de la même ville ou de la même région. C’est l’occasion de discuter Wikipédia (et des autres projets Wikimedia), d’organiser des évènements comme des ateliers de contribution et de formation, des Wikipermanences (voir plus loin), des sorties photo etc.

    Les rassemblements informels de wikipédien.ne.s d’une même région sont généralement dénommés cabales. La plus historique est sans doute la non-cabale de l’Ouest (NCO) dont la mascotte n’est autre que sa célèbre hermine qui dispose de son propre compte Twitter. Mais il existe aussi la Cabale à la noix (Grenoble), la Cabale camembière (Toulouse), la Cubale (Bordeaux)…

    Des rassemblements de plus grande envergure ont également lieu : il s’agit de la Wikimania, annuelle, et de la Wikiconvention francophone.
    La première rassemble des wikimédien.ne.s du monde entier ; en 2017, elle aura lieu à Montréal. La Wikiconvention francophone rassemble des wikimédien.ne.s francophones (surpriiise), et est un tout jeune évènement, puisque sa première édition a eu lieu l’année dernière à Paris, et que cette année elle aura lieu à Strasbourg. Ces rencontres ne concernent pas uniquement le projet Wikipedia, mais l’ensemble des projets Wikimedia (incluant Wikisource, Wikiquote, Wikimedia Commons, etc.). Ça fait du monde il paraît.

    D’autres rassemblement visent à faire découvrir Wikipédia à de nouvelles personnes (i.e. trouver de la chair fraîche pour contribuer :P) ou des curieux.ses. Cela passe par exemple par des « Wikipermanences », c’est-à-dire des ateliers de formation à la contribution plus ou moins réguliers dans certaines villes (il y en a à Rennes chaque semaine à la bibliothèque des Champs-Libres par exemple, mais aussi dans d’autres villes), et encadrés par des wikipédien.ne.s volontaires et bénévoles. Des ateliers de contributions plus ponctuels et parfois thématiques ont aussi lieu, comme par exemple les éditathons (je vous ai parlé des édithatons ? de edit et marathon, les marathons d’éditions) où les nouveaux et nouvelles sont formé.e.s sur place.

     

    Bon. Mais avec tout ça, je n'ai toujours pas répondu à la question de départ.

    Et pourquoi ces personnes-là contribuent ? Pourquoi ont-elles commencé ?

    Tout ça pour en arriver au fait que... il n'y a pas de réponse.

    Parce que, c’est un grand mystère. Je ne sais pas si beaucoup de wikipédien.ne.s qui contribuent régulièrement seraient capables de dire comment ils et elles sont tombé.e.s dans la marmite.
    Par curiosité ? Par jeu ? Par « altruisme » (pour moi l’altruisme n’existe pas, ce qui mériterait un billet), pour partager de la connaissance ? Par ennui IRL ? Par envie de reconnaissance, au moins de la communauté?

    Il y a aussi une grande différence entre « commencer à contribuer », période d’essais souvent cruciale pour le ou la nouveau ou nouvelle, et contribuer « sur le long terme », voire faire davantage que contribuer en s'investissant IRL. Une chose est certaine : pour un certain nombre de gens, participer à Wikipédia constitue un loisir addictif, et c'en est parfois même le premier loisir.

    Mais justement, quelles sont les motivations à passer une partie de son temps libre à une activité non rémunératrice, parfois très chronophage, avec peu de reconnaissance à la clé (puisque la plupart des personnes utilisent un pseudo) de la part des lecteurs ?
    En 2007, une étude a ainsi montré que la première raison invoquée pour justifier sa participation à Wikipédia était le « fun ». Oui, oui, le fun. Venaient ensuite l’idéologie (la connaissance doit être librement accessible) puis les valeurs (volonté d’aider les autres). Après, les études sont encore peu nombreuses, et c’est encore un aspect des wikipédien.ne.s à creuser dans le futur.

    Pour ma part, je serais bien incapable de dire ce qui m'y a poussé (la curiosité de savoir comment ça marchait ? tromper l'ennui ?) et encore moins ce qui me fait rester année après année... La facilité d'avoir une occupation accessible ? de pouvoir lire, écrire ou corriger et apprendre des choses sur des thèmes qui me plaisent ? la dimension à la fois sociale mais aussi la possibilité d'y contribuer de manière solitaire ? le fait d'y avoir noué des liens sociaux durables et en lien avec Wikipédia ensuite ? l'ironique satisfaction d'avoir créé un article au nom bizarre, Trou-aux-Biches, comme 50ème article, d'avoir rédigé plus de la moitié de l'article consacré à l'étourneau sansonnet, des articles manquants sur une thématique que quasiment personne ne lira non plus, de constater que la toute petite ébauche de foyer de peuplement rédigée le 11 décembre 2009 est depuis devenu un « vrai » article grâce à l'action d'un autre contributeur ? de connaître un bled qui s'appelle Trouy ? de comprendre automatiquement la référence lorsque l'on voit une pancarte [citation needed] ?

    Il serait aussi intéressant sans doute d'observer ce que participer à Wikipédia peut apporter. Je serais bien en peine de mettre ça au clair tout de suite, mais je vois déjà plusieurs pistes possibles, comme la recherche systématique de sources, la recherche d'une typographie correcte, l'organisation des idées, la discussion... Après, à savoir si des traits personnels ont facilité mon adhésion ou si c'est Wikipédia qui les a développés... cela reste à démêler. Mais c'est sans doute un bon sujet de réflexion...

     


     

    Il y aurait encore beaucoup à dire rien que sur le fonctionnement interne de Wikipédia et je n’ai abordé tout ceci que (très) succinctement. J’étais partie pour écrire seulement un billet, en voici pas moins de cinq !
    Dans tous les cas, je reste persuadée que contribuer à Wikipédia est une expérience fort enrichissante à bien de points de vue, et qu’il y a mille et une manières de contribuer comme cela nous convient le mieux. Les lecteurs et lectrices ignorent souvent ce qui se passe derrière dans les coulisses…
    J’espère avoir levé une petite partie du mystère avec cette série d’articles.

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  • Spoiler :

    L'herbe est-elle plus verte en Belgique pour l'être végétarien ?


     

    Quand on n'aime pas cuisiner, les plats préparés c'est la vie (spécial dédicace aux lasaaaagnes). Ou les trucs genre très très simples (genre le combo pâtes + sauce tomate toute préparée) puisque je suis capable de foirer toute chose plus complexe (à de rares exceptions près).

    De la difficulté d'être un.e végétarien.ne fainéant.e (et peu inventif/ve)

    Sauf que quand on est végétarien, c'est un peu plus compliqué.
    Enfin, pour être plus précis : quand on est végétarien, qu'on n'aime rien et surtout (LE facteur limitant) qu'on n'aime pas cuisiner (comprendre = qu'on ne cuisinera pas davantage qu'avant, encore moins pour se lancer dans des expérimentations extrêmement hasardeuses).

    L'herbe est-elle plus verte en Belgique pour l'être végétarien ?
    Parce que tout le monde n'a pas les mêmes loisirs.

     

    Deux options principales s'offrent à nous.

    Primo, se rabattre sur les plats préparés végétariens. Pas pour tous les repas, mais pour les trucs un peu moins évidents à préparer simplement (typiquement, les steaks de soja, les raviolis...). Mais ils présentent les inconvénients d'être présents majoritairement dans les rayons bio (pourquoi pas...) ou diététique (en mode je fais un régime végétarien pour maigrir sans doute ?), en plus d'être souvent présentés dans des portions individuelles. Ils sont donc forcément plus coûteux (mais miam ces raviolis au tofu...).
    Secundo, si vous avez quelqu'un qui aime cuisiner et qui cuisine pour vous (parce que oui, c'est actuellement mon cas depuis peu et c'est tellement terriblement immensément énormément GÉNIAL), vous pouvez refaire les plats carnés que vous adoriez avant grâce aux substituts végétaux (genre tofu, soja, seitan et autres trucs végétaux). Et au cas où ce ne serait pas évident, ils ont l'avantage d'être parfois extrêmement similaires à leurs homologues carnés (du moins, je n'ai pas été dépaysée).

    Pour la personne peu douée et peu amatrice de cuisine que je suis (parce que même faire une salade m'ennuie), les plats préparés et les substituts ont deux avantages majeurs / non négligeables :
    - je ne vais pas me priver de plein de trucs que j'aimais avant s'il existe une version végétarienne (LASAAAAAAGNES (pas de légumes même si les lasagnes aux légumes c'est bon aussi)). Je ne suis pas masochiste, déjà j'aime pas beaucoup bouffer alors en plus je vais pas me priver de trucs que j'aime.
    - quand vos repas sont communs (et que cette personne n'est pas obtuse bien entendu), un.e omnivore aura davantage de facilité à accepter de manger pareil et sera moins frustré.e de pas avoir « sa viande » avec un substitut végé.

    Mais encore faut-il que tous ces produits soient accessibles. Géographiquement parlant, à Paris c'est easy, à Ploudenbec-dans-le-Néant au coeur du Morbihan ça risque d'être plus compliqué... Tous les commerces alimentaires n'en font pas : pour l'épicerie du coin, à moins qu'elle soit bio ou alternative, ça va être chaud, on augmente ses chances en accédant à une grande surface, mais l'éventail de possibilité reste tout de même généralement assez menu.
    En France, il n'y a pas énormément de choix, steaks de soja, galettes de boulghour, raviolis au tofu... au rayon diététique. Oui oui. Diététique. À côté des Gerblé, de quelques trucs bio paumés, et d'autres aliments pour sportifs. Un peu perdu au milieu. Mais ça reste quand même « marques estampillées bio, françaises ou avec une approche diététique » et pas ouvertement végétarienne quoi.

    Je rêvais d'un autre monde

    (en vrai, j'ai juste traversé une frontière mais je trouvais pas de titre...)

    Et puis, j'ai débarqué en Belgique.
    Et là, c'est probablement pas le paradis du végé, mais diable, j'ai vu la différence.

    Dans ma ville (1/2 h de Bruxelles), rien qu'au niveau des restau, il n'est pas rare du tout d'avoir des alternatives végétariennes (plus rarement végétaliennes par contre...) sur les menus.
    Et pas juste une salade avec des frites, c'est quand même souvent plus élaboré. Dans un restau de burgers, il y avait tout de même 3 burgers végé (ça paraît pas beaucoup, mais par rapport à rien du tout, je prends !). Là où j'habite , se trouvent deux restaus véganes* en ville (un format fast-food, et un où faut réserver sinon c'est plein). Genre même la steakhouse de ma ville propose deux alternatives végé sur son menu...
    (j'ai pas encore testé le MacDo)

    L'herbe est-elle plus verte en Belgique pour l'être végétarien ?
    Moi en voyant les menus.
    (une fois que j'ai réussi à les déchiffrer en néerlandais)

    Et la grande distribution.

    L'herbe est-elle plus verte en Belgique pour l'être végétarien ?Les magasins alimentaires ont souvent un rayon végétarien. Pas grand, mais un rayon quand même.
    Et surtout, pas mélangé avec les trucs minceur / diététique / bio / green, un rayon vraiment veggie.
    Genre au Colruyt, magasin discount, on peut trouver des escalopes à la grecque, steaks, nuggets, saucisse, burgers à diverses saveurs, boulettes, tartinades, lamelles pour wok, falafels, hachis, le tout végétarien. Sans compter les produits surgelés comme les escalopes panées et les cordons bleus.
    Avec tout ça, il a été possible de faire des poivrons farcis, des pâtes aux légumes mijotées au wok, ou de se faire un repas simple escalope / purée / petit pois.
    Pas le plus diététique du monde, mais croyez-moi, quand on cuisine pour vous, même de manière traditionnelle, tout devient excellent - et quand c'est végé et épicé, c'est le summum du pompon.
    (j'vous jure, je mange même des choux bizarres blancs, du céleri et des petits pois !!!)

     

    Et au Carrefour, j'ai trouvé du tofu (oui, c'est un produit de base et pourtant il n'y en a pas au Colruyt, du moins pas qu'on ait aimé), des brochettes, escalopes diverses et variées.
    Et (roulement de tambours), du fromage végétalien.

    L'herbe est-elle plus verte en Belgique pour l'être végétarien ?
    Fromage végétalien, 18 € le kilo (un peu plus chère qu'un vieux comté).

    Oui oui.
    Du fromage végétalien.
    Du fromage sans lait animal.

    L'herbe est-elle plus verte en Belgique pour l'être végétarien ?
    Oui mon chou. C'est pas en France qu'on trouverait ça au Carrouf du coin, hein ?

     

    En somme, le fait d'être végétarien a l'air bien plus... courant ? démocratisé ? visible ? ici, et pour le moment, la disponibilité des produits fait que c'est bien plus pratique qu'en France.

    Après, cela reste relatif : je compare seulement aux endroits que j'ai connus en France (pas vraiment réputée pour se détacher de ses traditions culinaires...), et le végétarisme comme il m'apparaît pour le moment en Belgique ce n'est sans doute rien par rapport à d'autres pays comme l'Allemagne, où il est paraît-il beaucoup plus simple d'être végéta*ien... Sans compter qu'en France, les végétariens représenteraient entre 2 et 3 % de la population, contre 5 % en Belgique, tandis que les végétaliens représenteraient 15 % des Britanniques.

    Bref.
    En devenant végétarienne, mon principal regret était de devoir dire adieu aux lasagnes (vu que je ne cuisine pas, il ne fallait pas se faire d'illusions).
    Et ben pourtant, avec un hachis végétal, on n'y voit QUE DU FEU. Genre vraiment. C'est d'la bonne.
    Après, encore faut-il avoir une personne qui fasse ces lasagnes, ce qui ne règle pas totalement la question de l'être végétarien fainéant ; certes. Mais quand même. Un pas après l'autre.
    Un jour, j'atteindrai l'autonomie culinaire. Un jour.
    Pour le moment, je me réjouis des petits plats qu'on fait pour moi.

    Désormais, à part pour les chips à la crevette et les yakitori (dont je n'attends que le moment où je vais découvrir les alternatives végé car je suis certaines qu'elles existent - genre utiliser du tofu caramélisé ou ben voilà), définitivement plus aucune partie de moi ne regrette ou n'a de doute sur ce végétarisme.

     

    Vivent les lasagnes !

     


     

    Lexique :

    - Végétarien.ne : qui ne mange pas de viande.
    Un pesco-végétarien.ne mange cependant du poisson (mais je comprends pas la logique de ne pas considérer le poisson comme une viande...). On parle également d'ovo-lacto-végétarien.ne pour

    - Végétalien.ne : qui ne mange aucune produit issu de la production animale, c'est-à-dire ni viande (poisson inclus), ni œufs, ni lait, ni miel par exemple.

    - Végane : qui est végétalien, y compris "en dehors" de l'alimentation, c'est-à-dire qui n'utilise aucun produit issu de l'exploitation animal (ni cuir, ni fourrure, ni cosmétiques testés sur les animaux...). Plusieurs courants de pensée existent au sein de ce mouvement, les welfaristes et les abolitionnistes notamment.

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