• Quand on s'aperçoit bien... (bis)

    ... qu'un non-sco c'est pas si courant (2ème partie).

    Dans le billet précédent, je parlais donc du fait que les gens se souvenaient de notre famille, en pensant à la particularité qu'on faisait l'école à la maison, étant donné qu'ils l'apprenaient tôt ou tard.

    Sur ce, dans les commentaires, a suivi l'expérience similaire de Grabouilleuse (faites un saut sur son blog, ça vaut le coup !), elle même non-sco* depuis une dizaine d'années (n'hésite pas à me corriger dans les commentaires si c'est erroné!), à propos de la réaction des gens qui apprennent notre mode d'instruction un peu particulier :-).

    C'est pourquoi c'est de cela que je vais parler dans ce billet : comment les gens perçoivent-ils le fait que nous n'allions pas à l'école ?

    Pour notre part, généralement bien (ce n'est pas le cas pour toutes les familles).

    Du côté des adultes, on est toujours tombés sur des personnes compréhensives et bienveillantes .
    Déjà, voir débarquer une mère et 3 enfants un jeudi après-midi (jour-de-classe !) dans une bibliothèque par exemple, il y a de quoi s'interroger. A cette heure là, c'est plutôt l'heure des retraités qui cherchent du calme ;-).
    Quoi ? « y'a pas école aujourd'hui ? » encore des grèves ? - Noooon, on fait l'école à la maison madame/monsieur .
    Comme généralement nous avions le temps (et en pleine semaine, les bibliothéciares ne sont pas super débordés, du moins les nôtres), on en venait rapidement à nous poser des questions, et puis de fil en aiguille, la discussion durait un peu.
    Les gens sont souvent étonnés et très curieux (sauf quand on ne fait que passer en coup de vent !). 
    Tout comme nous, la plupart pensent que nous avons de la chance de ne pas aller à l'école, de pouvoir étudier comme on voulait (note : mais on a toujours étudié de manière sérieuse, faut pas croire !), d'aller se promener un jeudi après-midi parce qu'il fait beau (etc.), même si ce n'est pas forcément ce qu'ils auraient voulu faire pour eux ou leurs enfants.
    Grâce à ça, rendez-vous compte, on épate même notre orthodontiste parisienne (bac + ???) toutes les 6 semaines . Elle nous trouve supers et méga-courageux .
    Certaines personnes admettent même que l'école n'était pas un milieu tout rose et adapté à tous les enfants, à toutes les personnalités.
    Bref, ne serait-ce que pour cette compréhension, moi je dis : merci !
    A côté de ça, il y a les inspecteurs de l'Éducation nationale, mais ça, c'est une autre histoire les petits enfants  !

    Côté jeunes qui vont encore à l'école maintenant. Étant donné que la première question quand j'ai rencontré des jeunes de la région c'était « Je ne t'ai jamais vue, tu viens de quel lycée ? », il y a un moment où on le leur dit aussi ;-).
    En guise de première réaction, j'ai surtout eu le droit à l'étonnement, et aux questions (ensuite, c'est l'indifférence totale ; mais je ne m'en plains pas du tout, ce serait soûlant sinon :p !). Le truc, c'est qu'ils ont souvent du mal (beaucouuuuup de mal, même !) à envisager comment j'ai pu suivre ce parcours pas pendant des années, mais au quotidien.
    Ainsi, ils veulent savoir comment je passe mes examens (oui, dans un « vrai » établissement, pas chez moi non plus ^^), et comment je m'organise sans prof pour me « pousser au derrière » on va dire, bref, comment c'est possible tout simplement . Ils sont quand même rares à l'idée de penser qu'ils pourraient faire la même chose j'ai trouvé.
    Et puis aussi, le jour du bac, j'ai aussi eu le droit à : « Whoah, génial, tu peux faire la grasse mat' tous les jours et tu bosses quand tu veux !!!! » !

    Euhm... non coco, je fais des journées de travail pleines, je suis sincèrement désolée de te décevoir ... Le même était carrément étonné quand je lui ai répondu oui, au fait que j'aie bien vu tout le programme de Terminale !

    C'est étrange tout de même. Ce n'est par parce que l'on ne va pas à l'école que c'est les grandes vacances toute l'année ;-). Oui, je travaille, et même sérieusement, et je sais me mettre au boulot toute seule .  Je ne sais pas pourquoi, mais j'aurais du porter un panneau sur mon front « Non, je ne vais pas à l'école, mais je ne glandouille pas non plus » . Z'en pensez quoi ?

    Mais ça me fait beaucoup rire l'assimilation pas école <=> vacances, ou beaucoup moins de travail.
    A propos du niveau, des études américaines ont montré que les enfants pratiquant le homeschooling avaient des résultats scolaires quand même supérieurs à la moyenne, alors [voir ici] :-).
    Et côté rythme, eh non, ce n'est pas vrai, la preuve, à partir de la Première, j'ai même commencé à travailler après le goûter, et à partir de la Terminale, à bosser après le repas du soir, et les week-ends, rendez-vous compte !

     


     

    Par contre, je vais aussi raconter côté virtuel. C'est parfois différent :-).
    Autant j'ai « rencontré » des personnes ouvertes d'esprit et fort agréables, autant ailleurs beaucoup moins (mais je ne prends pas ça de manière dramatique non plus ;-) ).

    Pour illustrer ce dernier exemple, je vais vous raconter un fait récent (attention, c'est un peu long, mais d'un autre côté, je ne vous oblige pas à me lire  ! si vous voulez sauter ce passage, rendez-vous ici).

    Récemment, sur un forum dédié aux mathématiques, je suis allée remercier les membres pour leur aide durant cette dernière année scolaire, et m'ajouter à la liste de ceux qui avaient obtenu leur bac.

    Bon, en passant, je n'ai pas pu m'empêcher de réagir à un p'tit truc, certes.
    Plus haut, certains membres avaient parlé de la plus jeune candidate du bac de l'année qui a passé son bac en candidat libre (et l'a eu !), alors âgée de 13 ans. Rien que ça déjà (et avec mention il me semble), moi, je dis chapeau  !

    L'un des « forumeurs » disait que c'était d'autant plus remarquable « qu'elle l'a passé en candidat libre » (sous-entendu : que c'est plus difficile). Plus loin un autre réagissait « Je ne sais pas comment j'aurais pu sauter 5 classes », d'où le mot d'une personne renseignée « C'est sa mère qui lui enseignait à la maison » (=> où l'on apprend donc que cette jeune fille a été instruite en famille donc !).
    Enfin, un dernier, dont le message en gros était « C'est pas un peu malsain de ne pas aller à l'école ? c'est aussi un lieu de socialisation où l'on apprend les relations sociales, où l'on rencontre tout de même une certaine une masse de gens ».

    Je rentre en scène... Moi, remerciant (bah oui, j'y allais quand même pour ça au départ !), mais ajoutant (parce que je n'aime pas les personnes qui ont une réflexion à deux balles en se fourrant -qui plus est - le doigt dans l’œil jusqu'à l'omoplate comme dirait ce cher bon vieux capitaine Haddock) que j'ai moi-même passé mon bac candidat libre (oui !), que je n'allais pas à l'école depuis plus de 10 ans (oui !), que l'école à la maison était loiiiiiiin de couper les enfants de relations sociales (oui aussi !) ; et pour finir, que j'étais ravie d'apprendre qu'avant la création de l'école gratuite, les enfants n'étaient pas sociables / socialisés (c'était de l'ironie, vous l'aurez bien compris ;-)).
    Et que s'ils le souhaitaient, ils peuvent passer sur notre blog qui leur donnera un léger aperçu de notre mode de vie.
    Sur ce, le même reprend que l'école c'est également là pour apprendre la contrainte (sic), parce qu'on y était obligé d'étudier même de qu'on n'y aime pas, en gros que sans l'école, on foutrait rien (re-sic).
    Avec ma jolie plume, je réponds donc que mes contraintes, je sais me les poser moi-même (et que j'ai appris à me les fixer, sans école), et que oui, j'étudie toutes les matières y compris celles que je n'aime pas (le contraire me paraitrait comme ça : ).
    Enfin, que je sais travailler de manière totalement autonome, contrairement à certains jeunes de mon âge qui ne savent même pas encore le faire. Je me suis arrêtée là.

    Deux jours plus tard, j'ai reçu dans ma messagerie un e-mail de V., qui s'excusait d'avoir eu cette réaction « débile » (ce sont ses mots), et était très content que j'ai réussi à poursuivre mes études aussi loin malgré l'autisme. 

    Ho-ho ....
    Je crois qu'il a compris que nous étions tous autistes dans la fratrie, alors qu'en fait, c'est seulement mon petit frère qui l'est !
    Du coup, je me suis posée la question : 1/ je suis honnête et je lui réponds que je ne suis pas autiste 2/ je m'en fous, je le laisse avec ses certitudes (et se fourrer encore plus loin le doigt dans l’œil...).
    Sauf que mon problème à moi, c'est d'être honnête (groooos problème vous l'avouerez sans doute ).
    Donc, j'écris un message pour rectifier le tir, non, je ne suis pas autiste.

    Ce que j'ai pensé très fort, mais que je n'ai pas écrit : en quoi serait-il plus légitime pour être instruit en famille d'être porteur d'un handicap ? les enfants avec handicap auraient-ils donc moins leur place à l'école que les enfants « normaux »  ? [dans les faits, apparemment oui, puisqu'aucun effort n'est fait pour leur octroyer des AVS (= auxiliaires de vie scolaire) formés, ni même former les enseignants (déjà débordés !) aux handicaps (manque de moyens et principe de réalité, qu'ils disent à l'Éducation nationale - ah oui, mais si on commençait déjà par voir ce ministère comme notre avenir plutôt que de le diriger comme une entreprise...)...].

    Mais restons zen cocotte !

    A la place, j'en ai profité pour réagir face au fait que je ne côtoie effectivement pas cette « masse » dont il parlait sur le forum (et alors ? je rencontre d'autres gens quand même !).
    Et je dis ce que je pense : être 8 h par jour avec des personnes du même âge que moi, regroupés uniquement à cause de notre année de naissance, ne me semble pas très pertinent... En outre, j'aurais un peu l'impression d'être sous bulle dans une école.
    Je préfère également rencontrer des gens d'âges différents (zen, zen).
    J'ajoute que des personnalités également ne sont pas allées à l'école. J'ai donc parlé de Maud Fontenoy. Elle n'était pas allée à l'école jusqu'en Terminale parce qu'elle voyageait en famille, donc, qu'elle voyait certainement encore moins de « masse » que moi (pourtant, elle n'a pas l'air d'aller trop mal !)... Et que comme moi, elle avait été déçue de la mentalité qui régnait chez les jeunes de son âge (et à l'école).

    Réponse :  « je crois qu'on ne tombera jamais d'accord » (ah mais non, nous voici au moins d'accord sur un point !).
    V. pense que l'école gratuite (oui, mais laquelle parfois !) et pour tous (euh, non désolée... voir plus haut !) est une bonne chose constitutive de notre « identité nationale » (tiens, tiens... serait-ce ce qu'on apprend à l'école ;-) ?).

    Ensuite, il pense vraiment que je rate quelque chose (moi, j'ai envie de lui dire : t'en rates aussi plein en allant à l'école Coco ! donc on est quittes).

    Enfin, pour conclure : « qui sait (...) au lycée, tu aurais peut-être rencontré l'homme (ou la femme) de ta vie » ! J'apprécie l'ouverture d'esprit pour "homme ou femme", mais pour le reste, gros sic ! Déjà, j'en suis pas encore là, ensuite, une chose est sûre :
    c'était pas toi !!!!

     


     

    Mais d'autres familles n'ont pas forcément la chance de tomber "en vrai" que sur des personnes positives.
    En effet, dans certaines mentalités, on en est encore aux amalgames : école à la maison, enfants reclus, maintenus dans un monde de Bisounours, mère sur-protectrice... alors qu'en réalité on en est quand même assez loin ^^ !

    Personnellement, j'ai plus été confrontée à la négation du bien-fondé que peut être l'école à la maison du côté d'internet que "dans la vie réelle". Bizarre, non ? (quand les gens voient nos bonnes têtes en vrai, ça fait moins peur, ils se rendent plus compte de quoi ça a l'air un non-sco ^^ ?)

    Mais ce « refus » (en quelque sorte) d'admettre que oui, c'est possible de faire son bonhomme de chemin sans école, m'interpelle quand même.

    Pourquoi ? Je n'ai jamais dit que tout le monde devait en faire autant. Pour moi, l'école à la maison ne pourrait pas convenir à tous les enfants... comme l'école ne convient pas à tous non plus ! Je n'ai jamais non plus remis en cause les choix des autres d'envoyer leurs enfants à l'école, ou d'aller à l'école (alors qu'à nous, on nous demande de nous justifier sur notre choix...).
    J'ai juste souhaité défendre un peu mon mode d'instruction qui est mal connu et auquel on accole souvent des préjugés qui n'ont pourtant pas lieu d'être !
    Alors pourquoi certaines personnes cherchent à se persuader qu'en ne suivant pas des chemins tout tracé par la société, on va rater notre vie (on en est pourtant loin pour notre part...) ? Pourquoi dès qu'on ne colle pas aux attentes « normales », on leur inspire un sentiment de crainte mêlé d'inquiétude ?
    Parfois, j'ai eu l'impression que ces gens réagissaient comme si notre expérience leur renvoyait une image négative d'eux-mêmes et les remettait en cause quand même (alors que ce n'était pas le but). 

    Ce n'est pourtant pas ce que nous voulions. Juste de la compréhension. Alors j'ai appris à ignorer ces réactions-là, à seulement expliquer notre démarche, sans obligation de l'approuver, mais de la respecter (et si possible, de chercher à la comprendre). D'où la citation du moment d'André Malraux dans la colonne de droite : « Juger, c'est de toute évidence ne pas comprendre, puisque, si l'on comprenait, on ne pourrait pas juger ».

    À méditer :-).

     

    P.S. : je suis vraiment désolée d'avoir rédigé un véritable pavé ... c'est sincère.

    * En guise de petit rappel, « non-sco » est le diminutif de « non-scolarisé / non-scolarisant ». J'englobe sous ce terme les enfants recevant une instruction hors d'une école, que ce soit sous la forme de cours par correspondance ou non.

    « Quand on s'aperçoit bien...Un cadeau... »
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  • Commentaires

    1
    Jeudi 11 Août 2011 à 19:36

    Je ne savais pas que la scolarisation à domicile était si "mal vue" par beaucoup de gens... Ton blog m'apprend énormément, un grand merci pour cela !!! :)

    2
    Samedi 13 Août 2011 à 10:06

    Pour nous aussi, pas mal de réactions positives ou bien une indifférence affichée, y compris sur le net. Il faut dire que si je tombe sur une discu avec polémique, maintenant je pars, j'ai mieux à faire. ;)

    Le plus dur comme je l'avais écrit sur le blog était l'indifférence ou parfois les reproches de certains membres de la famille. Peut-être aussi parce qu'on nous répète que l'école est une chance... L'école est une chance pour ceux dont c'est le seul moyen d'apprendre, mais, je suis persuadée qu'en réalité, c'estl'instruction qui l'est. Pour ma part, je crois indispensable d'acquérir certaines bases, d'apprendre à réfléchir par soi-même, d'ouvrir son esprit. Est-ce être ouvert que refuser d'écouter une autre réalité ?

    3
    Lenny50
    Samedi 13 Août 2011 à 21:40

    Blog très sympa

    4
    Timis
    Lundi 15 Août 2011 à 09:31

    Bonjour, 

    Avant toute chose, félicitations à la bachelière ! et bonne continuation !

    Alors je sens que je vais emmener une polémique mais ce n'est vraiment pas du tout mon cas. Je respecte profondément ceux qui font école à la maison etc... Je pense que c'est une chance pour ces enfants d'avancer complètement à leur rythme ce qui n'est quasiment jamais le cas à l'école. Et que ça permet justement à ces enfants d'être plus confiants, et surtout beaucoup plus autonome. Et enfin je pense que lié à cela, ces enfants "non sco" (je ne connaissais pas le terme) sont beaucoup plus dégourdis dans la vie et beaucoup plus curieux de tout. 

    Là où je pense emmener la polémique c'est que je suis professeur des écoles (instit) alors forcément je m'y connais plus en enfants scolarisés. Aie ! C'est bon vous avez survécu à cette annonce ? lol 

    Pour moi le seul problème que pose ce mode d'éducation c'est que les enfants sont encore moins à égalité qu'à l'école (et attention à l'école il n'y a quasiment aucune égalité non plus). Tout le monde peut aller à l'école et y apprendre des choses. Tout le monde ne peut pas avoir des parents qui leur font l'école à la maison. 

    Parce que même si les enseignants sont loin d'être tous des modèles, ils sont malgré tout un peu formés à leur métier et ce n'est pas quelque chose qui s'improvise. 
    Je pense que plus de 95 % des parents qui enseignent à la maison sont des bons formateurs et pour quelques raisons : 

    - en général c'est leur choix donc ils sont volontaires

    - et je pense que ce qui est décisif c'est qu'à un moment donné, même si je ne doute pas un instant que ces familles ne roulent pas sur l'or, quand un parent peut arrêter complètement de travailler pour se consacrer aux enfants c'est quelque part que des moyens financiers le permettent. 

    Or il me semble quand même (sans généraliser il y a toujours des exceptions dans un sens ou dans l'autre) qu'un parent de niveau de vie modeste ou aisé est quand même bien plus capable d'enseigner qu'un parent aux revenus très restreints. 

    Là où je veux en venir c'est que je pense que c'est une solution pour des enfants, et que d'autres enfants ne sont pas fait pour l'école mais que ce serait une catastrophe pour beaucoup des enfants non adaptés de rester à la maison. Par conséquent, quand on parle d'école à la maison, le choix devrait à mon avis, plus se justifier sur les parents que sur les enfants qui ne se sentent pas à l'aise à l'école.

     

    Désolée pour ce pavé, et vraiment il ne faut rien prendre mal là dedans.

    5
    pierre d
    Jeudi 18 Août 2011 à 22:36

    bravo"le respect de l'autre commence par le discernement de ses lacunes,en admettant les notres bien entendu....."

    pierre

    6
    Samedi 20 Août 2011 à 09:18

    Ah, la fameuse "socialisation"... grand sac fourre-tout qui ne veut pas dire grand-chose ! Mes enfants sont bien plus "socialisés" depuis que, justement, ils ne vont plus à l'école (4 ans) : beaucoup (énormément !) de sorties, de rencontres en tous genres, de visites. Ils sont plus ouverts, plus curieux...

     

    7
    pierre d
    Samedi 20 Août 2011 à 11:09

    école ou pas école;en tout cas:"n'apprenez plus par coeur,vous avez déjà dans le coeur ce que l'on prétent vous apprendre!!!" à méditer....

    Pierre.

    8
    Samedi 20 Août 2011 à 15:28

    @ Timis : Ça va, je ne suis pas tombée de ma chaise ^^ !
    Et puis, ce n'est pas parce que je ne vais pas (plus) à l'école que j'ai forcément un problème avec les profs, d'un côté, j'admire ceux qui croient en leur boulot (pis, enseigner à 30 elèves, ça relève presque du super-héros !).

    Merci pour vos félicitations ^^ !

    Pour la suite, je vais vous répondre par comment j'envisage les choses ;-).

    Là où les enfants seraient moins à égalité qu'à l'école... oui et non !
    On est déjà d'accord sur le fait que l'égalité à l'école est... « fictive » (enfin, ça c'est mon terme ;-)).
    « Pour moi le seul problème que pose ce mode d'éducation c'est que les enfants sont encore moins à égalité qu'à l'école (et attention à l'école il n'y a quasiment aucune égalité non plus). Tout le monde peut aller à l'école et y apprendre des choses. Tout le monde ne peut pas avoir des parents qui leur font l'école à la maison.  »
    Pour le second point, considérez-vous alors qu'il faut niveler par le bas sous prétexte d' « égalité » en envoyant tout le monde à l'école, ou qu'il peut s'agir d'une chance à saisir pour les enfants dont les parents peuvent s'occuper de l'instruction ? Désolée, mais là, je ne saisis pas bien ...

    Concernant la formation des parents non-scolarisants, seule une minorité est issue de l'enseignement. Mais en même temps, ce n'est pas pareil d'enseigner à 30 élèves que d'apprendre à un seul (ou deux à la rigueur). Autant dans le premier cas, une formation me semblera bien nécessaire, autant dans le second, la patience, la clarté, la volonté de (ré)apprendre en même temps que son enfant, la remise en question, « suffisent » pourrait-on dire. De la même manière, des parents, lorsqu'ils le peuvent, réexpliquent certaines leçons à leurs enfants après l'école et peuvent les faire travailler dessus... ils font eux-même en quelque sorte l' « école à la maison » sans s'en rendre compte aussi ;-).

    Pour le côté financier, il me semble que c'est en réalité un peu plus différent que ce que vous affirmez ;-)

    Certes, dans la plupart des cas, les familles ne vivent que sur un seul salaire.
    Mais ce n'est pas toujours le cas, et les parents s'arrangent : deux mi-temps, ou bien un « vrai » emploi pour l'un des membres du couple, plus un mi-temps ou du télétravail quand c'est possible pour l'autre...

    De plus, il ne faut pas nécessairement avoir les « moyens » pour faire l'école à la maison, car ce ne s'apparente pas à un gouffre financier (sauf lorsque l'on fait appel à des cours par correspondance qui peuvent s'avérer très coûteux !).
    En effet, les parents peuvent trouver de multiples moyens de dénicher ce qui leur servira de « support pédagogique ».
    On trouve des livres (scolaires ou non) dans le commerce (parfois d'occasion). On peut bien entendu employer internet pour trouver exercices, leçons et informations. On peut également utiliser des films et documentaires thématiques...

    En outre, quelques économies peuvent quand même en être dégagées : pas de nounou, crèche ou garderie (et des trajets en moins !), pas de cantine... Nous n'avons pas non plus à faire les magasins juste avant la rentrée scolaire avec une liste de fournitures longue comme le bras ;-) ! On se réapprovisionne juste en fonction de nos besoins et de ce qui nous reste. Pas besoin de cartable (merci pour le dos ;-) !), ou de refaire la garde-robe (on ne s'habille pas quand même en peau de bête rassurez-vous...). Pas de marques chez nous (ni côté fournitures, ni habits - je ne vois pas vraiment en quoi on aurait besoin de marques).
    Ça ne remplace pas un salaire (quoique, ça dépend du salaire aussi...), mais toutes ces économies ne sont pas négligeables non plus ;-).

    Enfin, c'est un choix de préférer mettre les chance du côté de son/ses enfant(s) en se restreignant un peu plutôt que de priviligier le confort matériel...
    Pour notre part, nous vivons à la campagne, et nous n'avons qu'une seule voiture (qui roule au GPL, appréciable par les temps qui courent lol !).
    Je viens seulement d'avoir un téléphone mobile parce que je quitte la maison (je n'en avais pas avant), notre télé est moche et vieille (mais elle marche encore !! et nos grands-parents nous en ont donnée une puisqu'ils changeaient la leur !), et nous n'avons qu'une seule console de jeu (qui a bien amélioré les capacités psycho-motrices de mon petit frère autiste soit dit en passant :-) ).

    Il s'agit de notre cas personnel, mais l'école à la maison va souvent de paire avec un vrai choix de vie.
    Parmi les familles non-scolarisantes, on peut même rencontrer des familles monoparentales qui ont pourtant choisi l'école à la maison, ou des familles dont les parents vivent de minimaux sociaux (oui, ça existe) en attendant mieux.
    Voili voilou (désolée pour le pavé aussi )...

    Je vous souhaite une bonne journée (et une bonne préparation à la future année scolaire qui s'approche à grands pas) !

    Anne

    Édit. : j'ai trouvé ceci sur internet :
    - le site de l'école en pyjama : devons nous avoir les moyens pour faire l'école à la maison ?
    - sur le forum public de l'association LAIA les conditions financières liées au choix de l'école à la maison
    - sur le blog la complete ...

    Je suppose qu'on pourrait en trouver d'autres (dans le blog de Plouf_le_Loup ainsi) :).

    9
    pierre d
    Samedi 20 Août 2011 à 17:43

    Anne je crois que tu navigue dans l'absolu(ce que tu réponds est incontestable) tu as raison plus le vécu......

    10
    Samedi 20 Août 2011 à 18:40

    Dans mon cas, je ne pense pas qu'avoir raison (ou non) soit important, c'est plus l'explication qui m'importe .

    11
    Dimanche 21 Août 2011 à 15:22

    Encore une fois,raison ou pas,ce n'est pas important;en attendant tu as raison quand même......

    "L'insolence raisonnée n'est que le fruit de l'exeption qui confirme la règle"

     

    Un jour,une jeune instit est passée à la maison:Quel beau métier lui dis-je,tirer les plus faibles vers le haut et avoir des résultats...

    Pas du tout me dit-elle,on ne peut pas se permettre!ceux qui suivent tant mieux,nous on est là pour tirer les meilleurs vers le haut,l'inverse tirerait les meilleurs vers le bas.....

    Quand j'étais môme,je me souviens avec un gout amer du premier jour de la rentrée au lycée:fiche à remplir à chaque prof:profession des parents etc...l'angoisse...Pour mon cas:père,décédé mère invalide soeur anorexique aïe aïe aïe trop de ptoblèmes ce petit...Je n'avais qu'une sensibilité artistique évidente;pas de parents pour soutenir mon orientation,sans doute un cota à remplir,me voilà balancé dans un lycée technique à tracer des verticales et des horizontales;il est bon en dessin et bien il sera dessinateur en batiment.....

    Résultat des courses,scolarité gachée,je n'es même pas passé l'exam. mais j'ai quand même vendu mes modestes oeuvres originales en bois pendant 20ans avec succes!et j'ai même fais craquer la DRAC (direction régionale des affaires culturelles) m'écrivant que "j'enrichissais la définition de l'artiste échappant à toutes tentatives dogmatiques de les figer dans une conception stricte":rien que ça!excusez du peu,pour un pauvre diable qui n'arrivais pas à suivre,je suis assez fier de moi!!!

    Je fais mon miel (le meilleur du monde!),j'aime mes ânes,j'éléve mes ecrevisses,au milieu de la nature:la vraie vie!!!!!!!

    12
    Timis
    Dimanche 28 Août 2011 à 10:37

    @ Anne 

    Je ne dis pas que ce n'est pas possible financièrement parlant. Je sais parfaitement que ça l'est. Reste que sur les 2 ou 3000 personnes pratiquant l'école à la maison, je pense que les personnes se contentant des minima sociaux sont quasiment inexistantes, alors qu'ils représentent une proportion importante à l'école.

    Et c'est surtout au niveau culturel, je vous assure qu'en stastique il y a très peu de parents qui lisent des histoires à leurs enfants le soir : trop de travail donc pas assez de temps pour faire ça, j'ai connu beaucoup de parents qui ne savaient pas ou à peine lire.... Et sans parler de lire des histoires : encore moins de parents emmènent leurs enfants en forêt ou cuisine avec eux. Un exemple flagrant : j'ai eu des GS (donc 5 ans) il y a deux ans : sur 28 élèves quand j'ai voulu leur faire faire de la soupe 4 m'ont demandé où était ma brique pour faire la soupe. Et d'autres ont approuvé, malgré le milieu plutôt favorisé financièrement dans lequel j'étais. Je vous laisse imaginer quand j'ai sorti des légumes moins connus comme la betterave ce que ça a donné.....

    Et même dans des familles où on essaye d'apprendre des choses aux enfants, c'est encore différent de la culture scolaire. J'ai eu le cas deux fois cette année en CE2 et CM2 de deux mamans ayant fait des études etc... mais qui ne comprenaient pas les leçons. Et que j'ai du prendre rendez-vous avec elle pour expliquer à l'une les nombres décimaux, à l'autre les compléments d'objets. Pourtant les "leçons" étaient claires, elles avaient toutes les deux chercher d'autres pistes sur internet sans jamais rien y comprendre. 

    Quand à l'aide aux devoirs, sur les 55 élèves que j'ai eu cette année du CE1 au CM2, je pense qu'à peu près 20 étaient aidés et 35 se débrouillaient tout seul. 

    Tout ça pour dire, que ce que je souligne comme inégalitaire chez les parents c'est la culture. Et j'ai pas dit ça par hasard, cette année une de mes collègues a dit à une maman que son fils était en difficulté (ne sait pas dénombrer des objets supérieurs à 4 en fin de CP, ne connaît que les voyelles à peu près en lecture), du coup la mère l'enlève de l'école pour lui faire l'école à la maison. Je veux pas partir en débat sur ces exemples, mais c'est juste une catastrophe pour ce gamin, on espère que l'inspecteur la fera changer d'avis. 

    Je vous passe les parents qui expliquent que "non le big bang n'a pas existé, la maîtresse dit n'importe quoi c'est Dieu qui a créé le monde". 

     

    Ces cas sont ultra minoritaires je le sais bien, mais la maman dont je parle qui a décidé de faire l'école à la maison, lit partout que vraiment faire l'école à la maison c'est trop fantastique et facile etc.... je dis simplement que c'est le cas à des conditions bien particulières. 

     

     

    @patte rouge

     

    Je sais que certain(e)s de mes collègues tiennent ce genre de discours, je me suis souvent fritté avec certains d'entre eux. Cependant, la majorité de celles et ceux que j'ai rencontré pensent l'inverse. Je vais pas parler en leur nom mais je considère que je suis en classe pour les élèves en difficulté uniquement. Je m'adresse à eux, je vérifie qu'eux ont compris, ce n'est pas toujours facile mais c'est mon but premier. Les élèves "moyens" ont plaisir de prendre du temps supplémentaires sur des choses qui du coup leur semble facile. Les bons élèves ne sont pas tirés par le bas puisque j'essaye de leur donner des exercices à leur portée, ou alors ils expliquent ou autre : exercice très difficile qui les aide beaucoup à formaliser leur pensée. 

    Tout ça pour dire que ça serait bien de ne pas généraliser ce genre de propos à tous les enseignants, peu le pensent, encore moins le disent, mais la grande majorité pensent plutôt comme moi, sauf qu'eux on ne les remarque pas, puisque (et c'est totalement vrai) eux font juste leur travail, et ils le font bien donc on a rien à en dire.

    13
    @ patte rouge
    Dimanche 28 Août 2011 à 18:02

    Loin de moi l'idée de faire de mon témoignage une généralité!!!

    Toute ma scolarité a été gachée et je pense malheureusement ne pas être le seul dans ce cas....Ceci dit,c'est plus le système que la profession d'enseignant qui est en cause!

    Système mis en place par des politiciens médiocres qui décident.....

    Il nous reste la "liberté d'expression"qui,le saviez-vous,est remis en cause par un projet de loi visant à repérer sur le web les agitateurs!!!reste à définir le terme agitateur!!

    Croyez moi si l'on reprenait les problèmes en utilisant des termes par leur vraie définitions, et bien à mon avis les vraies valeurs reprendraient un sens...

    14
    Mercredi 7 Septembre 2011 à 22:15

    Ah, le "Bah alors , ya pas école aujourd'hui ??" ou "Tu vas à quelle école ?" ou encore (dans un magasin) "C'est l'école qui demande ça ?" combien de fois l'ai-je entendu Maintenant je suis tranquille, on me pose plus la question, ouf !

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